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Un voyage inattendu et sensible au cœur des trois mois de la campagne électorale américaine et de la victoire historique de Barack Obama.

001 : NASHVILLE, Tennessee, 7 octobre 2008.


« Ils vous mentent tout les deux », campus de l’Université de Belmont accueillant le second débat entre John Mc Cain et Barack Obama.


Pendant toute une journée, tout ce que la ville et la région comptent de militants de causes plus ou moins défendues et défendables s’affichent parmi les marchands du Temple qui vendent des objets à la gloire du candidat Démocrate ou Républicain.

003 : Virginia, 27 septembre 2008.


Anna et Ryan, étudiants de première année de Georgetown University et militants au College Democrats, faisant du porte à porte le samedi matin en grande banlieue de Washington DC.

005 : Virginia, 27 septembre 2008.


Anna et Ryan faisant du porte à porte en soutien à leur parti et quittant le perron d’une maison mise en vente…comme de nombreuses habitations de ce quartier populaire de la banlieue de Washington DC.

006 : WASHINGTON DC,  27 septembre 2008.


Etudiants de la prestigieuse Université de Georgetown rentrant sur le campus après un samedi passé à s’assurer du vote démocrate auprès des habitants d’un quartier populaire de la grande banlieue de Washington DC.

002 : WASHINGTON DC,  28 septembre 2008.


Jeunes militants Démocrates, étudiants de la prestigieuse Université de Georgetown, préparant leurs actions à venir en faveur de la victoire des candidats de leur parti aux élections générales de novembre 2008. Ces membres du College Democrats, exprimant des radicalités plus ou moins prononcées, se définissent parfois comme militant Démocrate avant de se présenter comme des soutiens de Barack Obama. Enfants bien élevés et accueillants de l’élite américaine, ils possèdent tous, malgré leur jeune âge, une solide culture générale et une stupéfiante habilité politique et à la communication.

004 : Virginia, 27 septembre 2008.


Anna et Ryan frappant aux portes de ce quartier de Virginie proche de la capitale fédérale. Ils s’assurent que les habitants pro-Obama soient inscrits sur les listes électorales et qu’ils soient fermement décidés à aller voter. La Virginie est l’un des neuf états clefs de cette élection. Susceptible de voter pour un camp ou pour l'autre, il est arpenté par une multitude d'apprentis militants.

010 : NASHVILLE Tennessee, 6 octobre 2008.


Quartier général des partisans de Barack Obama, préparant la tenue dans leur ville du second débat entre leur candidat et le candidat Républicain.


Dans les QG de campagne pour le « changement », chacun vient spontanément offrir son aide, armé de son courage et de ses compétences. Dans un des pays où triomphe le capitalisme, le volontariat demeure une valeur cardinale. Elle est la garantie d’un bon fonctionnement du tissu social. Un peintre en bâtiment vient donc proposer de colorer la façade du local aux couleurs de Barack Obama. Ce symbole n'est pas celui du parti Démocrate et les murs où il s'étalera dans quelques heures sont spécialement loués pour la campagne du candidat à la Présidentielle.

011 : NASHVILLE Tennessee, 6 octobre 2008.


Quartier général des partisans de Barack Obama, préparant la tenue dans leur ville du second débat entre leur candidat et le candidat Républicain.


Pour accueillir leur champion, les militants préparent pancartes et ballons dans une salle immense. Cet espace convivial d’où exhalent espoirs et énergies devient un formidable terrain de jeux pour les enfants. Issus des classes moyennes ou populaires, leurs parents viennent offrir du temps pour garantir la victoire du candidat Obama. Sur les plus de 45 millions d'Américains ne disposant pas d'une assurance santé, près de 8 millions sont des enfants. Le Sénateur de l’Illinois promet une couverture minimale pour les personnes de moins de 16 ans.

014 : ARLINGTON, Virginia, 25 septembre 2008.


Quartier général du candidat Barack Obama dans le comté d’Arlington VA en proche banlieue de Washington DC.


Bien que la campagne électorale soit essentiellement pensée pour la télévision, en raison de l’immensité du territoire, et qu'elle donne lieu à d’impressionnants rassemblements populaires, le combat pour la victoire se mène concrètement maison après maison. Pendant des semaines, ce sont donc à des centaines de portes que les volontaires iront frappés et des centaines de sonnettes qu'ils feront vibrées. Les plans des villes, imprimés depuis l’incontournable site internet google maps, circonscrivent alors autant d’avenues à parcourir et d’esprits à convaincre. 

015 : ARLINGTON, Virginia, 24 septembre 2008.


« 1 : soutien d’Obama ; 2 : penche en faveur d’Obama ; 3 : indécis ; 4 : penche en faveur de Mc Cain ; 5 soutien de Mc Cain ».


Quartier général du candidat Barack Obama dans le comté d’Arlington VA en proche banlieue de Washington DC.


Dans cette conquête de l’électorat, qui s’abstient en général largement, ce sont des centaines d’appels qu’il faut passer. Des dizaines de lignes téléphoniques courent alors parmi le matériel de propagande et filent entre des boissons trop sucrées, en équilibre sur des bureaux surchargés.


Au programme : convaincre les gens de s’inscrire sur les listes électorales, de se déplacer pour voter Obama et Démocrate ; expliquer le programme électoral, collecter de l’argent pour la campagne ou convaincre de nouveaux volontaires. Ce jeune homme d’origine latino prépare le terrain des militants avant qu'ils ne partent battre le pavé. Il tente dans un premier temps de connaître l’état de l’opinion des habitants d'un quartier donné. Ces informations iront alimenter un immense fichier qui fournira à une équipe de spécialistes les tendances de l'état de l’opinion publique d’une aire géographique donnée.


008 : WASHINGTON DC, 26 septembre 2008.


Retransmission à l’Université de Georgetown du premier débat opposant le candidat Républicain John Mc Cain au candidat Barack Obama. Diffusé sur les 5 grandes chaînes nationales du pays, ce débat a captivé plus de 63 millions de téléspectateurs. Ce jeune homme semble comme en communication avec le sénateur Obama. Pourtant, le programme télévisé à peine achevé, la partie de billard rythmera à nouveau cette paisible soirée étudiante. Dans quelques jours le débat entre les deux candidats à la vice-présidence, Sarah Palin et Joe Biden réunira 70 millions de spectateurs.

009 : NASHVILLE Tennessee, 5 octobre 2008.


Adolescente s’activant dans le quartier général des partisans de Barack Obama  pour accueillir le candidat venu débattre dans leur ville avec John Mc Cain.


Pendant la semaine précédant cette rencontre, les militants préparent des centaines de pancartes manuscrites et expressives pour animer les plateaux des télévisions qui diffuseront leurs programmes politiques sans discontinuité. De libre expression, chaque pancarte trahit les espoirs ou l’origine de la personne qui la prépare.

007 : WASHINGTON DC, 29 septembre 2008.



Adam, étudiant et président du College Democrats de Georgetown University. Adam s’assure, tard après ses cours, que les camarades de sa cité universitaire, venus de tout le pays, soient bien inscrits sur les listes électorales de leur état d’origine ou de leur lieu de résidence estudiantine.

013 : ARLINGTON, Virginia, 25 septembre 2008.


Quartier général du candidat Barack Obama dans le comté d’Arlington VA en proche banlieue de Washington DC.


Ce sont des dizaines de personnes volontaires qui s’animent dans ce petit bâtiment aux couleurs du candidat Démocrate. Photographiant au milieu des retraités, des scolaires du quartier ou des actifs donnant de leur temps, ma présence est particulièrement encadrée par les responsables de la cellule communication du Parti. La moindre minute compte pour la Victoire : il semble inutile de perdre du temps au delà de la politesse due à un étranger qui, de plus, n’est pas journaliste.

012 : NASHVILLE Tennessee, 6 octobre 2008.


Quartier général des partisans de Barack Obama, préparant la tenue dans leur ville du second débat entre leur candidat et le candidat Républicain.


Le candidat Démocrate aux Sénatoriales, Jim Hawkins (à droite de l’image), de cet état conservateur a passé plusieurs heures à coller des affichettes au mur avec cette fillette afro-américaine. Jim ne remportera pas cette élection et le Tennessee choisira le candidat Républicain au scrutin présidentiel.

016 : ARLINGTON, Virginia, 25 septembre 2008.


Quartier général du candidat Barack Obama dans le comté d’Arlington VA en proche banlieue de Washington DC.


Par le travail de fourmi des militants, des milliers d’informations nominatives ou non sur les intentions de vote ou sur le montant des dons faits par de simples citoyens aux candidats sont amassés. Ce volontaire broie des dizaines de kilo de renseignements confidentiels sur l’état de l’opinion publique américaine et sur son implication dans cette campagne, rue par rue, quartier par quartier. J'entends régulièrement la consigne filée dans mon dos : ne surtout pas me laisser photographier les documents où apparaissent des noms ou des numéros de téléphone.

017 : RICHMOND, Virginie, 12 octobre 2008.


« Les enfants pour Obama ».


Quartier général des partisans de Barack Obama.


Les femmes sont nombreuses à être séduites par le candidat Démocrate. Le charme du personnage est évident et son sourire apaise après les 8 années dures et arrogantes des deux administrations Bush. La candidate Sarah Palin terrifie par ses remises en cause de droits acquis par les femmes dans les années 1960 et 70.


Elles connaissent les positions de Barack Obama sur l'environnement. Il souhaite le préserver au mieux pour le transmettre aux générations futures. Elles savent aussi que les Républicains promettent à leurs enfants d'injustifiés et lointains conflits au Moyen-Orient.

018 : NASHVILLE, Tennessee, 6 octobre 2008.


Quartier général des partisans de Barack Obama, préparant la tenue dans leur ville du second débat entre leur candidat et le candidat Républicain.


Pendant des après-midi entiers, ce sont des centaines de ballons aux couleurs de l'Amérique que plusieurs de ces femmes vont gonfler pour accueillir Barack Obama dans leur ville. Leur entraide est remarquable. Leurs visages et leurs regards trahissent la rigueur de leur existence et l’espoir, parfois naïf, qu’elles placent dans le candidat aux origines africaines. Elles ont du mal à comprendre que l’on puisse passer autant de temps à leur parler et à les photographier : cela finira par les amuser.

019  : NASHVILLE, Tennessee, 6 octobre 2008.


Quartier général des partisans de Barack Obama, préparant la tenue dans leur ville du second débat entre leur candidat et le candidat Républicain.


Près de l’espace aménagé pour renseigner et former les nouveaux volontaires,  un pupitre a été dressé. Un Obama de papier se dresse souriant : chacun s’y fait photographier avec sa famille où ses amis. Ils posent avec autant de fierté que si ils étaient aux côtés du vrai. Ce n’est pas auprès d’une réplique ressemblante qu’ils s’installent mais auprès des symboles qu’elle véhicule.

020 : NASHVILLE, Tennessee, 2 octobre 2008


« Les trucs qu'il faut changer :

- Britney Spears

- Les sous-vêtements (chaque jour)

- La politique étrangère. ».


Campus de l'Université de Belmont où est organisé le second débat entre John Mc Cain et Barack Obama.


Au cœur du campus, où la vie quotidienne est d'habitude si paisible et ordonnée, un espace a été dédié aux étudiants pour qu’ils puissent adresser un message aux candidats des deux camps : message hostile ou de soutien. C'est l'esprit de leurs 20 ans que les jeunes Américains impriment sur ce tissu blanc. La culture et l'ironie ne vaccinent pas contre les espérances ou les engagements mais imposent plutôt un discours plein de malice.

021 : CHARLESTON, South Carolina, 6 septembre 2008.


A la fin de l'été, la chaleur est assommante dans le sud des Etats-Unis.  Dépendant au XIXème siècle d’une économie basée sur l’esclavage, c’est depuis la ville de Charleston que le premier coup de canon de la Guerre de Sécession a été tiré.

Les quelques militants qui existent se croisent sans vraiment se connaître. S'afficher Démocrate semble être déjà une première révolution. Ce samedi matin, dans un café un peu bohème près du fleuve, ils cherchent d’abord à lier connaissance. Les enfants dessinent maladroitement les rêves de changement de leurs parents. Des rêves qui eux-mêmes s’ébauchent à peine tant la tâche est immense dans cette partie du pays.

022 : NASHVILLE, Tennessee, 7 octobre 2008.


Campus de l'Université de Belmont où est organisé le second débat entre John Mc Cain et Barack Obama.


Les personnes volontaires soutenant Barack Obama ont travaillé pendant des jours pour préparer la venue de leur champion. Hyperpréparés pour cette journée, ils doivent affronter une pluie discontinue et continuer de sourire. Ils sont largement plus présents – et encadrés ! - que les soutiens de John Mc Cain. Le campus est en effervescence et le mauvais temps rapproche les gens : on débat et on échange sous tout ce qui permet de s’abriter.

023 : SILVER SPRING, Maryland, 14 septembre 2008.


Chaque année l’école publique de Takoma accueille sur ses pelouses un festival de musique Folk. Comme lors de toutes les fêtes populaires, une concentration de stands propose des produits artisanaux ou des ateliers artistiques aux succès plus qu'aléatoires. Certains proposent de s’engager dans telle ou telle association écologique ou humanitaire avant de proposer aux passants de délicieuses tartes « bio ». Cette année, les partisans locaux de Barack Obama, en nombre, et de John Mc Cain sont très présents et en profitent pour distribuer du matériel de propagande aux badauds. Quelques adolescents en profitent alors pour exprimer avec bonheur toute la subtilité de leurs 13 ans.

024 : NASHVILLE, Tennessee, 7 octobre 2008.


Campus de l'Université de Belmont où est organisé le second débat entre John Mc Cain et Barack Obama.


Pour le second débat entre les deux compétiteurs, des milliers de journalistes sont accrédités. Le campus accueille alors les plus grandes chaînes nationales d’information qui enregistrent leurs programmes en direct et en public. Les supporters des deux camps en profitent pour meubler les interventions télévisées des analystes.

Une improbable Miss America pro-Obama tient du bout des doigts un message de soutien aux troupes américaines engagées dans le monde. Anecdotique soutien aux forces armées puisque cette posture est généralement adoptée par les militants du camp républicain.

Le terrain, rendu un peu boueux par les intempéries, offre un étrange écho visuel aux nappes de sang qui se répandent chaque jour sur le sol Irakien ou Afghan.

025 : CHARLESTON, South Carolina, 6 septembre 2008.


Le Dayly Dost café sur la route de Folly Beach est le repère des surfeurs et des quelques artistes underground de Charleston. J’y passe plusieurs heures à déguster de surprenantes bières diversement aromatisées. Malgré le réalisme et le peu d’illusion dont font preuve certains de mes interlocuteurs, Obama représente pour eux le meilleur moyen de se dégager de cette Amérique à laquelle ils ne s'identifient pas : violence des rapports sociaux, démagogie, arrogance, argent roi, bêtise. L’icône Obama devient comme une bannière à laquelle se rallient ceux qui aspirent à plus de grandeur. Dans un Sud écrasé de chaleur et par ses nombreuses certitudes héritées du passé, l’image d’Obama apaise les progressistes.

027 : NASHVILLE, Tennessee, 7 octobre 2008.


A Nashville, Tennessee, capitale mondiale de la musique, le cœur de la jeunesse bat aux rythmes des concerts. Le Mercy Lounge est l’une de ces salles qui sert avec zèle la cause Démocrate. La veille, un concert de rock a été organisé jusque tard dans la nuit pour permettre aux jeunes de s’inscrire à la dernière minute sur les listes électorales de l’état.

Cette soirée là, c’est la présence de Barack Obama venu débattre avec John Mc Cain qui excuse une nouvelle nuit pleine de vigueur et de chaleur.

026 : DENVER, Colorado, 26 août 2008.


Convention Nationale Démocrate. Au terme d'une semaine estivale de débats et de votes, les délégués Démocrates désignent le candidat du Parti à l'Election Présidentielle.


Les délégués et les militants se réunissent pour (re)définir la plate-forme programmatique, gèrent les mésententes entre leurs « courants ». Ils en profitent aussi pour absorber des milliers d’informations venues de la société civile et des lobbies. On écoute, on débat, on travaille, on organise la vie politique locale et nationale du parti. Le silence des couloirs, cette atmosphère ouatée et polie, cet ordre parfait et chiffré : impose une inquiétante mise en scène du pouvoir.

028 : CHICAGO, Illinois, 4 novembre 2008.


Barack Obama vient d’être élu. Les rues de Chicago ne fêtent pas la victoire à la mode et sur le ton des sportifs sortis victorieux du stade. Ce n’est pas une victoire d’un camp contre l’autre : pas de triomphalisme dans les voix et les regards. Un parfum puissant d’union, de fierté et de fraternité flotte dans les airs. L'émotion déborde des larges trottoirs de Michigan Avenue.

029 : NEW YORK, New York, 2 septembre 2008.


New York : Broadway, Time Square et son mythique Naked Cow Boy !


La ville est largement acquise aux Démocrates et à Barack Obama : inutile de s’y attarder pour un reportage. Entre deux séances de pose avec ses admirateurs du monde entier, le cow boy rencontre cet habitué trop pressé, et visiblement fan de Barack Obama. Quelques mois auparavant, ce même naked cow boy (qui a depuis revendu sa place à celui de cette photo), se montrait pourtant devant les télévisions un inconditionnel soutien de l’Amérique en Guerre contre l'Irak. Guerre à laquelle Obama s’est toujours opposé.

030 : WASHINGTON DC, 13 septembre 2008.


A l’occasion de la candidature d’Obama, on se remet à rêver des années 1960 : de ses combats, de ses rêves, de ses luttes pour la liberté, les Droits Civiques et la paix. C’est cet état d’esprit que certains citoyens anonymes veulent retrouver alors que le camp d’en face ne cherche qu’à condamner « l’esprit des sixties ». Il s’organise alors au cœur de Washington DC des « marches pour le changement ». Elles visitent les hauts lieux de la capitale fédérale et se terminent devant la fameux bassin faisant face au Lincoln memorial. Le défilé de ce samedi après-midi est loin de connaître l’affluence attendue mais les habitants ou visiteurs de DC répondent aux manifestants par des coups de klaxons bruyants et joyeux.

031 : WASHINGTON DC,  20 septembre 2008.


La campagne de Barack Obama a été relayée par des centaines de milliers de citoyens qui s’organisent grâce à internet. Ils donnent de leur temps afin d’inscrire les gens sur les listes électorales, ils collectent des fonds ou expliquent le programme du Sénateur. Les besoins financiers sont considérables et sont une des clefs indispensables à la Victoire.


Pour son anniversaire, Chris, lobbyste de la cause animale à Washington, a invité quelques amis. Plutôt que de se voir offrir des cadeaux, il leur demande de faire des dons qui seront reversés au trésor de campagne du candidat. Chaque invité acquiert grâce à sa générosité des tickets de tombola avec lesquels ils peuvent emporter quelques présents obtenus par Chris : photo dédicacée, autocollants, accréditations, boîte géante de pop-corn, etc. Dans cette gentille banlieue de DC, la soirée se déroule en toute amitié dans les vapeurs de barbecue et au milieu des verres de bières.

032 : NASHVILLE, Tennessee, 7 octobre 2008.


Campus de l'Université de Belmont où est organisé le second débat entre John Mc Cain et Barack Obama.


Cet interprète de Georges Walker Bush, posant devant une toile cirée à l’image de la Maison Blanche, propose ses services. Pour quelques centaines de dollars, il peut intervenir chez vous pour votre plus grand plaisir et celui de vos proches. Il est le rare sosie à inspirer plus de sympathie que l’original. Il reste néanmoins accompagné de très près par un vigile.

033 : WASHINGTON DC,  20 septembre 2008.


Leslie est une jeune lobbyste de la cause animale qui intervient auprès des parlementaires Américains. Rencontrée à l’anniversaire de son patron Chris, partisan démocrate, elle séduit par l’honnêteté de sa démarche et la clairvoyance de ses points de vue sur le monde politique. Elle sait que les deux mandats de Bush ont ruiné l'image des USA à l'étranger. Leslie regrette surtout le temps perdu à la mise en place de stratégies internationales pour la défense de l'environnement.

Accroché au rétroviseur de sa confortable voiture, un portait de Georges Bush fils. « Wtf » signifiant : What The Fuck !

0034 : NASHVILLE, Tennessee, 7 octobre 2008.


Campus de l'Université de Belmont où est organisé le second débat entre John Mc Cain et Barack Obama.


Devant les caméras des télévisions venues faire leurs émissions en direct du campus, les partisans les plus divers de Barack Obama viennent apporter leur soutien à l'aide de pancartes fabriquées par leurs soins. Ce type de pratique se retrouve dans les deux camps.

035 : DENVER, Colorado, 25 août 2008.


Convention Nationale Démocrate. Au terme d'une semaine estivale de débats et de votes, les délégués Démocrates désignent le candidat du Parti à l'Election Présidentielle.


La Convention Nationale du Parti Démocrate, qui doit désigner son champion pour affronter le camp républicain à l’Election de novembre, est le théâtre d’une forme de marchandisation de la politique.

Les rues de Denver sont, par exemple, sillonnées toute la journée par un large pick-up qui propose aux passants d’acquérir un Obama en bouteille. La marque utilise l’image de l'homme politique pour mieux commercialiser son idée originale de distribution.

Les rues de Denver fourmillent de ces marchands du Temple qui viennent proposer l’originalité de leurs trouvailles ou inventions. Cette densité de bonnes idées trahit la vitalité économique et l’inventivité en terme de communication et de marketing du pays. Ces deux jeunes femmes en profitent pour moquer l’hystérie, au sens le plus premier du terme, qui peut se créer autour de Barack Obama.

036 : DENVER, Colorado, 25 août 2008.


Convention Nationale Démocrate. Au terme d'une semaine estivale de débats et de votes, les délégués Démocrates désignent le candidat du Parti à l'Election Présidentielle.


Manifestation demandant le retrait des troupes américaines stationnées en Irak. Le défilé condamne également la politique étrangère, jugée impérialiste, de Georges W. Bush. La Convention est l’occasion de faire entendre les luttes sociales à ceux qui demain seront, peut être, amenés à gérer les affaires à Washington. Ces militants organisent une sorte de off Convention.

La guerre en Irak pourrit le tissu social et s'imprime douloureusement dans la conscience collective américaine. Les manifestations pacifistes sont toujours très encadrées par les forces de l’ordre. Chacun s'épie, se défie, se filme en attendant le faux pas de l’autre. Les militants espèrent que bientôt cette guerre deviendra vite un douloureux mais simple souvenir, comme l'enseigne de ce magasin semble le suggérer.

037 : DENVER, Colorado, 24 août 2008.



Convention Nationale Démocrate. Au terme d'une semaine estivale de débats et de votes, les délégués Démocrates désignent le candidat du Parti à l'Election Présidentielle.


Lors de la Convention, tous les lobbies s’expriment. Celui des pro-life (par opposition aux pro-choice) est le plus puissant et le plus spectaculaire de tous. Proche de l’aile la plus conservatrice du Parti Républicain, il est abondamment financé par des partisans dont les campagnes d’intimidations ne cessent jamais.

Alors que le débat est largement clôt en Europe occidentale, ces questions ne cessent de travailler l’opinion publique américaine. Symbole le plus éclatant des Droits des femmes, de nombreux Américains y restent pourtant opposés. Dans quelques jours, Sarah Palin sortira de l'ombre et fera des déclarations invraisemblables sur le sujet. Souvent, la position d'un candidat sur ce sujet reste le seul critère de choix pour des électeurs souvent imprégnés de morale religieuse.

038 : DENVER, Colorado, 25 août 2008.


Convention Nationale Démocrate. Au terme d'une semaine estivale de débats et de votes, les délégués Démocrates désignent le candidat du Parti à l'Election Présidentielle.


« Amérique, retrouve ton autorité ».


Télescopage ironique et terrifiant entre le T-shirt de ce vendeur de rue et ses deux militants pacifistes grimés en détenus. Prisonniers de l’île cubaine de Guantanamo, ces « ennemis combattants » du pays sont retenus hors de toute procédure légale et interrogent l’Amérique sur les valeurs qui la fondent.

039 : DENVER, Colorado, 25 août 2008.


Convention Nationale Démocrate. Au terme d'une semaine estivale de débats et de votes, les délégués Démocrates désignent le candidat du Parti à l'Election Présidentielle.


Ces militants pacifistes profitent de la mobilisation médiatique suscitée par la Convention du parti. Ils intéressent surtout les journalistes amateurs ou engagés par ce sujet.

Par leurs pancartes et leurs costumes, ils expriment le vœux que l'armée cesse la pratique de la torture dans ses prisons de Guantanamo et sur ses détenus en Irak. Dans le dos de ses camarades de lutte, un jeune homme dénonce l’éventualité, envisagée y compris par Obama, d’un conflit avec l’Iran. Cette mise en scène terrible rappelle d'ailleurs étrangement les exécutions publiques qui ont régulièrement lieu dans ce pays voisin de l’Irak.

040 : DENVER, Colorado, 25 août 2008.


Convention Nationale Démocrate. Au terme d'une semaine estivale de débats et de votes, les délégués Démocrates désignent le candidat du Parti à l'Election Présidentielle.



Face à un des centres de conférences de la Convention et au milieu du trafic de Denver, un bus affiche et rappelle le bilan calamiteux des deux mandats de Bush junior. Le monde selon Bush, et selon ses procureurs, c’est  : «  une économie en crise, la guerre en Irak, le réchauffement climatique, l’ouragan Katrina, le mépris  de la part du reste du monde, des réductions d’impôts pour les riches, etc ».

041 : DENVER, Colorado, 28 aoùut 2008.


Convention Nationale Démocrate. Au terme d'une semaine estivale de débats et de votes, les délégués Démocrates désignent le candidat du Parti à l'Election Présidentielle.


A la fin des Primaires en juin et avec la certitude d’être désigné par son parti en août, Barack Obama a voulu faire de son discours d’acceptation de l'investiture Démocrate un événement populaire.

Il ne voulait pas le réserver aux quelques milliers de places du Pepsi Center dans lequel s’est tenu l’essentiel de la Convention. Pour cela, l’immense stade de football de la ville pouvant accueillir 80 000 places assises a été réservé. Nécessitant une infrastructure colossale et des moyens humains gigantesques, le quartier du stade est bloqué à la circulation.

Ce sont des milliers de personnes, ne connaissant pour la plupart pas la ville, qui se pressent vers le stade. Respectueux des consignes de sécurité, les files d'attente s’organisent parmi les méandres des routes, des échangeurs et des voies express.

042 : CHICAGO, 4 novembre 2008.


Nuit de l'élection dans l'immense Grant Park de Chicago, fief de Barack Obama.


La concentration humaine démentielle que suscite le moindre rassemblement avec Barack Obama donne lieu à une utilisation abusive de nourritures et de boissons à emporter. Pourtant au pays de la consommation reine et malgré le côté spectaculaire, l’espace public n’est pas outragé par la dispersion anarchique des déchets. Le civisme des Américains et le respect porté à leur environnement séduit…en dépit d’un système économique qui ne repose pas sur la modération. 

043 : CHICAGO, 4 novembre 2008.


Nuit de l'élection dans l'immense Grant Park de Chicago, fief de Barack Obama.


La ville de Chicago s’apprête à vivre une nuit électorale qui doit se conclure sur un discours historique de Barack Obama. Les personnes qui n’ont pu obtenir de ticket occupent depuis le matin les artères adjacentes du site des célébrations pour être au plus près de leur héros. Le maire de Chicago voulait offrir au plus grand nombre la possibilité de fêter la victoire de Barack Obama dans son fief de l’Illinois. Les jardins de Grant Park ont été installés pour accueillir une affluence nombreuse. Sur un des gratte-ciel de la ville, le mot USA se dessine grâce à un jeu de fenêtres éclairées et éteintes.


La foule métissée se presse avec enthousiasme dans les jardins qui longent le lac Michigan. 

044 : CHICAGO, 4 novembre 2008.


Nuit de l'élection dans l'immense Grant Park de Chicago, fief de Barack Obama.


La ville de Chicago s’apprête à vivre une nuit électorale qui doit se conclure sur un discours historique de Barack Obama. Les personnes qui n’ont pu obtenir de ticket occupent depuis le matin les artères adjacentes du site des célébrations pour être au plus près de leur héros. Sur un des gratte-ciel de la ville, le mot USA se dessine grâce à un jeu de fenêtres éclairées et éteintes.


La foule se presse maintenant contre des grilles érigées à plusieurs centaines de mètres du podium où est attendu le candidat.

045 : DENVER, Colorado, 25 août 2009.


Convention Nationale Démocrate. Au terme d'une semaine estivale de débats et de votes, les délégués Démocrates désignent le candidat du Parti à l'Election Présidentielle.


La Convention donne à la ville de Denver des allures de fête permanente. Après de grosses journées de travail, où se décident l’avenir du Parti et d’une partie de la Nation, les délégués, les journalistes, les militants et les autres se détendent grâce à la multitude de soirées proposées.

Il fait beau et chaud en ce mois d’août, on s’attarde en terrasse, on danse dans la rue ou dans les clubs branchés ou plus feutrés, on bavarde sur le moindre mètre carré de pavé. Les soirées sont douces pour tout le monde lorsque les vents du changement et de l’espoir flottent dans les airs...

047 :  DENVER, Colorado, 25 août 2008.


Convention Nationale Démocrate. Au terme d'une semaine estivale de débats et de votes, les délégués Démocrates désignent le candidat du Parti à l'Election Présidentielle.


Vendeur de rue profitant de l'affluence des partisans Démocrates pour améliorer l'état de ses revenus en vendant des affiches à l'image d'Obama.


Cette image se télescope avec une terrible ironie avec deux des icônes absolues de la culture de masse américaine que sont ce caddie et ces deux gobelets de soda d'une marque bien (re)connue. 

048 :  DENVER, Colorado, 27 août 2008.


Convention Nationale Démocrate. Au terme d'une semaine estivale de débats et de votes, les délégués Démocrates désignent le candidat du Parti à l'Election Présidentielle.


Parmi la multitude de marchands des rues présents à Denver, la plupart sont issus des classes sociales les plus pauvres. Elles survivent néanmoins grâce à un commerce que les grands rassemblements savent dynamiser. Cette scène se déroule à quelques dizaines de mètres de l'un des centres de la Convention.


L'abattement et la résignation de cette femme sont à l'image de tous ceux qui, comme elle, subissent la violence des grandes inégalités sociales du pays.

Les éléments visuels de l'image viennent renforcer cette rude impression : des grilles comme des cages, des enfants qui dorment sur des cartons et des T-shirts que personnes ne peut raisonnablement avoir envie d'acquérir. Sur le trottoir du fond, les entrées de l’Hôtel Hyatt où est descendu l’ancien Président Jimmy Carter.

049 : WASHINGTON DC, 17 septembre 2008.


La liberté d’expression étant sacrée aux USA, hormis quelques groupuscules radicaux de gauche ou de droite, chacun affiche sans soucis ses opinions. Sur sa voiture, dans les allées de son jardin, à ses fenêtres et plus surprenant sur les vitrines des boutiques : l'espace public vit au rythme des choix partisans de chacun.


Visiblement fatigué de la fascination exercée par Obama sur les habitants de la capitale fédérale, ce commerçant pour articles de bébés et d'enfants use de toute son ironie pour faire la réclame de T-shirts pro-Obama et d’un livre intitulé…« Bonne nuit Washington DC ».

050 : DENVER, Colorado, 26 août 2008.


Convention Nationale Démocrate. Au terme d'une semaine estivale de débats et de votes, les délégués Démocrates désignent le candidat du Parti à l'Election Présidentielle.


Pour vraiment bien apprécier cette image il faut savoir que cette publicité, faite par et pour cette radio d’opinion, s’appuie sur un jeu de mots. La pancarte proclame crûment –comme l’est le ton de cette radio pour jeune- « Bouge ton cul et va voter ». Le terme « Ass » en argot signifie « l’arrière train » mais il désigne avant toute chose «l' âne ». L’âne est le symbole du Parti Démocrate, le parti d’Obama. Obama, pour qui les jeunes peuvent se mobiliser.

051 :   DENVER, Colorado, 25 août 2008.


Convention Nationale Démocrate. Au terme d'une semaine estivale de débats et de votes, les délégués Démocrates désignent le candidat du Parti à l'Election Présidentielle.


Profitant de la tenue de la Convention, cette belle vahiné vend des bannières Obama. Inutile d’être un roi de la finance pour surfer sur le moment et savoir ce qui va se vendre. La capacité de réaction de ces vendeurs de rue est redoutable et alimente souvent une économie souterraine prospère.

052 : DENVER, Colorado, 26 août 2008.


Convention Nationale Démocrate. Au terme d'une semaine estivale de débats et de votes, les délégués Démocrates désignent le candidat du Parti à l'Election Présidentielle.


Pendant les rassemblements publics -où tout se passe bien- les forces de l’ordre sont très affables et surtout très disponibles pour les photographies. C’est l’occasion de rencontres amusantes. Cette jeune femme en profite pour signifier sur sa poitrine et sa fesse droite ses opinions pacifistes pendant que sa bouche vient souligner toute la malice de ses positions.

Il s’agit d’une stratégie de communication évidente de la part d’une police vers laquelle les regards du monde entier sont tournés. Cette attitude est néanmoins très appréciée par beaucoup de photographes Français, plus accoutumés aux insultes ou aux intimidations régulières dans leurs pays.

053 : NASHVILLE, Tennessee, 7 octobre 2008.


Campus de l'Université de Belmont où est organisé le second débat entre John Mc Cain et Barack Obama.


A l’arrière plan, se presse la foule des partisans Démocrates et Républicains s’agitant autour d’un plateau de télévision. Les grandes chaînes Nationales font leurs directs du campus et les militants prennent toute leur part au spectacle. La police assure la sécurité du site où quelques militants Républicains viennent se mêler aux supporters de Barack Obama. Un jeune soutien du candidat démocrate passe alors  devant ces policiers placés en retrait.

054 : RICHMOND, Virginia, 22 octobre 2008.


Pour pénétrer en toute légitimité les sites des réunions publiques de campagne et avant d’obtenir la précieuse accréditation, tout ce qui se baptise « media » doit respecter une fouille complète de sa personne et des sacs qui l’accompagne. L’attente est longue ce matin là mais une attachée de presse vient expliquer au petit groupe qui prend froid qu'elle apprécie la grande patience dont il fait preuve. Bientôt, tout le matériel sera aligné sur plusieurs mètres pour être reniflé par des chiens semblables à celui-ci. Dernier alignement avant d’être autorisé à découvrir l'arène où se donne le spectacle hallucinant de milliers de personnes transies d'enthousiasme.

055 : VIRGINIA BEACH, Virginia, 13 octobre 2008.


Lors des rassemblements publics autour des deux candidats de cette élection, la presse a ses espaces réservés. Chacun sa place, son accréditation. Il y a la presse d’agence, envoyée à grand frais et ponctuellement sur tel ou tel événement, la presse nationale et internationale qui a ses envoyés spéciaux sur la campagne et la enfin la presse locale (à l’échelle des USA). Rigoureuse et indépendante elle est très respectée et lue par tous. La presse nationale est par contre régulièrement huée par les supporters de Mc Cain, dans l’indifférence la plus totale de ses représentants.

056 : NASHVILLE, Tennessee, 7 octobre 2008.


Campus de l'Université de Belmont où est organisé le second débat entre John Mc Cain et Barack Obama.


Le débat entre John Mc Cain et Barack Obama à Nashville draine tout ce que les alentours comptent de journalistes, pigistes, étudiants en journalisme ou journalistes amateurs. Il arrive parfois que l’on s’attarde sur toute cette faune. Sophistiquées, trop pressées, sûres d’elles et persuadées de la haute valeur de leur personne et de leur tâche, certaines apprenties sont parfois si faussement inaccessibles qu’elles finissent par être attendrissantes. Je réalise néanmoins au contact de certains de mes collègues masculins que cette attitude se révèle être pleine de bon sens.

057 : VIRGINIA BEACH, Virginia, 13 octobre 2008.


Ce sympathisant républicain de Virginia Beach est visiblement ivre de joie d’avoir obtenu une accréditation local press et de pouvoir faire des photographies de ses héros  : le valeureux John Mc Cain et la charmante Sarah Palin.

058 : ROANOKE, Virginia, 17 octobre 2008.

Rally for change with Barack Obama.


A la fin de chaque discours public, Barack Obama se lance dans une tournée palpitante de ses partisans. Il est suivit de près par une sélection restreinte de photographes et par les quelques reporters qui le suivent en permanence pour les plus grandes agences de presse du monde.

Sans les honneurs réservés à la « travelling press », il est néanmoins envisageable d’apprendre avec un peu d’observation et de temps, les règles et les habitudes de ce manège. Même avec une « simple » accréditation et en intégrant le rythme des discours, il est possible de se retrouver alors au plus près du candidat.

Barack Obama possède une grande capacité à se déplacer harmonieusement en embrassant la foule sous le regard permanent de ces yeux mécaniques.

059 : NASHVILLE, Tennessee, 5 octobre 2008.


Quartier général des partisans de Barack Obama, préparant la tenue dans leur ville du second débat entre leur candidat et le candidat Républicain.


L’attitude de cette journaliste locale pourrait peut-être trahir son amateurisme ? Elle trahit surtout la spontanéité et la fraîcheur de son travail au cœur de ce QG de campagne populaire de Barack Obama.

060 : RICHMOND, Virginia, 12 octobre 2008.

Rally for change with President Bill Clinton.


Les étudiants ont été l’une des clefs du scrutin de 1992 lorsque l’élection de Bill Clinton à la Présidence a mit fin à trois mandats républicains et à une situation économique catastrophique après le passage de Georges Bush père.

Ils sont donc nombreux ce dimanche soir à attendre le 42ème Président des Etats-Unis pour un discours en faveur du candidat Démocrate. La visite du campus où se tient le rassemblement surprend par l’étendue des moyens dont disposent les étudiants. 

Le soir tombé et au son de Beautifull day du groupe U2, c’est une foule jeune, métissée et enthousiaste qui accueille avec passion Bill Clinton. 

061 : RICHMOND, Virginia, 12 octobre 2008.

Rally for change with President Bill Clinton.


Le Président Bill Clinton conserve une popularité formidable auprès de la jeunesse. C’est donc devant le public conquis du campus du Virginia Commonwealth University qu’il prononce un discours en faveur de Barack Obama. Bill Clinton a eu des mots très durs contre le candidat lors des Primaires qui l'opposait à son épouse Hillary. Le couple rendra par la suite de beaux et répétés hommages au Sénateur qui saura récompenser ce soutien.

062 : RICHMOND, Virginia, 22 octobre 2008.

Rally for change with Senator Barack Obama.


On oublie trop souvent que pendant cette campagne se mènent en même temps certaines batailles pour un poste au Sénat et le renouvellement de la « Chambre des représentants », les deux ailes du pouvoir législatif américain.

Si les partisans de Barack Obama se concentrent essentiellement sur leur héros, beaucoup de militants Démocrates n’oublient pas les enjeux locaux  qui se jouent.


Avant chaque prestation de Barack Obama, les candidats au Sénat ou au Congrès prennent la parole et annoncent leur champion. C’est le cas de Mark Warner (sur la droite de Barack Obama), businessman et candidat Démocrate au poste de Sénateur de Virginie.

Le mimétisme vestimentaire avec le candidat Obama est étonnant. Mark gagnera largement son poste de sénateur face au candidat Républicain.

063 : DENVER, Colorado, 29 août 2008.


Convention Nationale Démocrate. Au terme d'une semaine estivale de débats et de votes, les délégués Démocrates désignent le candidat du Parti à l'Election Présidentielle.


Alors que le candidat à la vice-présidence Joe Biden et les agents du Secret Service s’échangent quelques bons mots, le regard de Barack Obama est plein d’angoisse et de fatigue. C’est une attitude rarement diffusée du candidat. Néanmoins, il s’agissait d’une rencontre privée et il ne devait pas y avoir de photographies autres qu’amateurs. Ce qui explique aussi  l’absence d’attention de la sécurité.

064 : VIRGINIA BEACH, Virginia, 30 octobre 2008.

Rally for change with Barack Obama


La bataille pour l’état de Virginie, qui n’a plus voté Démocrate depuis la victoire de John Kennedy en 1960, est vive. Les rassemblements et les actions militantes sont très nombreuses. L’occasion de photographier tant John Mc Cain que Barack Obama dans cette station balnéaire branchée se représente alors régulièrement à la fin de la campagne. Le cri de ce jeune garçon blond aux yeux bleus contribue largement à dynamiser la patiente attente de la foule: la génération Obama se dresse.

065 : RICHMOND, Virginie, 22 octobre 2008.

Rally for change with Barack Obama


Barack Obama sait à la perfection compter les mesures nécessaires pour donner le bon rythme aux acclamations qui ponctuent ses discours. Il sait se faire applaudir sans abuser de cet effet de tribune facile. Ces instants sont très courts : il est difficile de les capter. Barack Obama cherche à convaincre et à argumenter mais peut-il raisonnablement empêcher ses partisans d'exprimer leur enthousiasme ?

066 : RICHMOND, Virginia, 12 octobre 2008.

Rally for change with President Bill Clinton


Malgré l’effet de masse, c’est bien chaque individu qui trouve une raison de croire à la candidature Obama. C’est à tous et à chacun que le message de Barack Obama semble être délivré, par lui même ou ses plus proches soutiens.

Les autocollants qui reprennent le nom du candidat Obama ne vont pas décorer nerveusement le mobilier urbain – qui appartient à tous et ne peut donc être partisan- mais s’appose plutôt sur les effets personnels de ses supporters : voiture, agenda, fenêtre, ordinateur, etc. Cette main, surgie avec force de la masse, exprime toute la foi accordée aux promesses de changement.

067 : RICHMOND, Virginia, 12 octobre 2008.

Rally for change with President Bill Clinton


Au regard de l’hystérie, qu'il provoque l’ancien Président Américain Bill Clinton ne se risque pas très longtemps à se faire emporter par la foule. Chaque rencontre  avec les porte-parole de Barack Obama ou du candidat font pousser des forêts de dizaines d’appareils photographiques et de téléphones portables équipés d’un capteur numérique. Habituellement les membres du Secret Service doivent s’assurer que le public ne présente pas un danger pour leur client. Ce jour-là, ils doivent lui empêcher de tomber au milieu de ses sympathisants.

068 : KISSIMMEE, Florida, 29 octobre 2008.

Rally for change with President Bill Clinton and Senator Barack Obama.


Barack Obama saluant une dernière fois la foule venus l’accueillir pour la seconde fois de la soirée en Floride, près d’Orlando. Le candidat a réussit quelques heures auparavant une campagne de communication politique historique en réservant un espace de 30 minutes sur les 5 plus grandes chaînes nationales de télévision, sans une seule interruption publicitaire. A quelques jours du scrutin, Barack Obama déplace encore plus les foules. Les accès au site sont coupés plusieurs heures auparavant et patrouillés par de bruyants hélicoptères. Beaucoup d’admirateurs du candidat Démocrate doivent rester bien au delà des premiers portiques de sécurité.

069 : ROANOKE, Virginia, 17 octobre 2008.

Rally for change with Senator Barack Obama.


Américains de l’Amérique profonde attendant le changement. Le public en bon ordre patiente des heures à l’extérieur pour pouvoir s'installer dans les lieux des discours. Les files serpentent dans tout le quartier. Ensuite, il peut se passer 2 à 3 heures avant que le spectacle commence. En plusieurs actes, celui-ci commence toujours par une superbe et vibrante interprétation de l’hymne national. Dans le camp Républicain, c’est une prière publique qui marque plus longuement le début de l’évènement : deux conceptions de la Nation s’opposent. 

070 : RICHMOND, Virginia, 22 octobre 2008.

Rally for change with Senator Barack Obama.


Afro-américaine photographiant le changement. Elle prend des clichés de son héros avec un appareil photo jetable aux couleurs du drapeau américain. Il se vend en général 7 dollars 99 cents - ou 15 dollars les deux - et porte le nom de « Patriotic disposable camera ».

071 : ROANOKE, Virginia, 17 octobre 2008.

Rally for change with senator Barack Obama.


Barack Obama, très affable ce matin là, se laisse le temps de plaisanter avant de revêtir ses habits de candidat à la Présidentielle. Si l’image d’un Obama très souriant n’est pas si rare, il est par contre plus inhabituel de voir une photographie où le public, placé derrière lui, ne prenne pas la posture de l’écoute attentive ou de l’enthousiasme démonstratif. Cette franchise et cette simplicité dans les contacts avec ses partisans signe la particularité du comportement du Sénateur Démocrate. Cette attitude enrichit et souligne dans tout les cas un époustouflant charisme.

072 : ROANOKE, Virginia, 17 octobre 2008.

Rally for change with Senator Barack Obama.


La plupart des rassemblements publics se font dans les immenses stades des villes qui peuvent accueillir entre 10 et 20 mille personnes. Ces lieux imposants et connus de tous sont les seuls à pouvoir recevoir en toute sécurité une foule importante.


Barack Obama seul au milieu de la surface de jeu et au pied des gradins électrise les foules et provoque des vagues d’enthousiasme qui éclaboussent les moindres recoins du stade.

073 : Roanoke, 17 octobre 2008.

Rally for change with Senator Barack Obama.


Supportrice de Barack Obama écoutant et regardant le changement

On ressent une écoute attentive du candidat dans le regard de cette jeune femme. C’est un regard digne, sans larmes ou sans yeux exorbités. Les comportements hystériques personnels créés par Barack Obama existent mais ne le sont souvent qu’à titre anecdotiques. Les Américains savent aussi se choisirent un chef de l’Etat : Barack Obama cherche à les convaincre de leur choix.

074 : DENVER, Colorado, 28 août 2008.


Convention Nationale Démocrate. Au terme d'une semaine estivale de débats et de votes, les délégués Démocrates désignent le candidat du Parti à l'Election Présidentielle.


Remportant les Primaires au mois de juin face à Hillary Clinton, Barack Obama s’est fait officiellement investir par le Parti à la fin de la Convention. Il est de tradition alors de faire un discours d’acceptation de cette investiture.

Le Sénateur l’a voulu public et accessible au plus grand nombre. La dernière fois qu’un candidat a accepté l’investiture du Parti en dehors du lieu de la Convention, c’était en 1960, et le tribun s’appelait John Fitzgerald Kennedy. Ces grands rassemblements populaires font écho à ceux des années 1960 tels ceux du Pasteur King. Dès la nuit tombée, c’est un spectacle ahurissant qui s’offre à tous.

075 : VIRGINIA BEACH, 30 octobre 2008.

Rally for change with Senator Barack Obama.


Barack Obama prend un plaisir certain à aller à la rencontre de ses fans. Il s’élance tout sourire et décontracté. Il profite de ses supporters, revient sur certains d'entre eux. Ce rassemblement sur le littoral de Virginie est l’un des derniers de la campagne. Les sondages sont au plus hauts ; la région s’apprête à basculer dans le camp Démocrate ; le candidat électrise les foules comme jamais.

076 : KISSIMMEE, Florida, 29 octobre 2008.

Rally for change with President Bill Clinton and Senator Barack Obama.


Ce soir là, Bill Clinton et Barack Obama sont ensemble pour une réunion de campagne exceptionnelle en banlieue d’Orlando. Le numéro est parfait et le discours de l’ancien Président est plein d’humour et de fantaisie. Il ravit le public et ne cesse de faire rire et sourire Barack Obama. Cette photo nous offre le visage d’un Bill Clinton en vieux roublard de la politique et l’expression rare d’un Barack Obama souriant avec une drôle d’ironie. Cette scène fait entrevoir que le candidat, inconnu du grand public il y a quelques mois, est aussi un homme politique aguerrit. Pour l’instant, il écoute son futur prédécesseur qui en lui donnant la parole lui cèdera aussi sa place symbolique de guide à la destinée du Parti et de la Nation.

077 :  KISSIMMEE, Florida, 29 octobre 2008.

Rally for change with President Bill Clinton and Senator Barack Obama.


Dans la dernière semaine de campagne, Bill Clinton et Barack Obama se sont adressés l'un après l'autre au public de Floride en se donnant l'image d'une grande complicité.

Les deux hommes quittent la scène en saluant une dernière fois la foule. Malgré une nuit sans étoiles, la multitude de gyrophares bleus et rouges des services de sécurité éblouissent jusqu'à son terme cette grande soirée.

078 : ROANOKE, Virginia, 17 octobre 2008.

Rally for change with Barack Obama.


Malgré la présence, indispensable, du  Secret Service qui veille à sa sécurité, Barack Obama prend son temps et un vrai plaisir à rencontrer ses partisans. Il tape son poing contre celui de certains de ses supporters, embrasse les enfants, serre des mains, prend le temps de faire des photographies. Bien que cette communion populaire serve à la construction de son aura, on ressent que Barack Obama est très à l’aise dans cet exercice. Ces sourires ne sont pas feints, ces poignées de mains sincères et son corps s’offre à ses sympathisants sans retenue mondaine.

079 : VIRGINIA BEACH, Virginia,30 octobre 2008.

Rally for change with Senator Barack Obama.


Comme leurs fictions peuvent le montrer, les Américains semblent adorer se réunir en extérieur pour vivre les moments de leur vie intime (mariage, fête entre amis, soirée entre voisins) ou sociale (réunion sportive, spectacle, fête populaire). L’estrade qui accueille ce soir Barack Obama est montée au pied d’une colline semi- circulaire formant comme une scène antique. La foule qui se masse sur ses pentes  peut profiter des merveilleuses conditions acoustiques due à la nature du site. Chacun peut entendre le discours qui est accueilli par des salves d’enthousiasme qui animent sans cesse les pentes de ce théâtre de verdure.

080 : ROANOKE, Virginia, 17 octobre 2008.

Rally for change with Senator Barack Obama.


Après la communion verbale avec le public, Barack Obama descend signer un pacte démocratique avec lui dans ce gracieux ballet tactile. Cette rencontre silencieuse scelle la promesse d'une histoire commune qui s'engage.

081 : LEESBURG, Virginia, 27 octobre 2008.

Rally for John Mc Cain and Sarah Palin.


Les Républicains plébiscitent les grandes réunions en extérieur comme pour mieux rassurer cet électorat des campagnes de Virginie. La forêt habillée des superbes couleurs de l'automne, qui accueille ce matin là Sarah Palin, devient alors le Temple des célébrations bruyantes de l'Amérique conservatrice. La plongée au milieu de ses militants donne le vertige.

082 : LEESBURG, Virginia, 27 octobre 2008.

Rally for John Mc Cain and Sarah Palin.


Parmi la foule des meetings, une partie du public est minutieusement encadrée pour venir appuyer par ses réactions l'argumentaire développé à la tribune. La discipline de ses spectateurs est digne de celle qui existe sur les plateaux d'enregistrements de certaines séries télévisées qui font le bonheur, jamais démenti, de cette Amérique populaire et conservatrice. Si ce type de public existe aussi dans le camp Démocrate, il semble ici s'afficher comme pour mieux affirmer l'honneur et la fierté qu'il existe à se faire diriger.


083 : VIRGINIA BEACH, Virginia, 13 octobre 2008.

Rally for John Mc Cain and Sarah Palin.


Ce matin en Virginie, une salle gigantesque a accueillie près de 15 000 personnes  venues écouter Sarah Palin et John Mc Cain.

Alors que les allées ne sont plus arpentées que par quelques agents de sécurité, ces deux femmes restent plusieurs minutes assises et passives dans les gradins. Elles font durer les paroles rassurantes qui viennent de raisonner entre les murs. Comme insensibles au mouvement qui dehors touche la société, elles semblent vouloir ralentir la marche d'une Amérique qui ne veut plus les attendre.

084 : WOODBRIDGE, Virginia, 18 octobre 2008.

Rally for John Mc Cain and Sarah Palin.


Le scoop de cette campagne : le Père Noël vote Mc Cain ! ! !


Finalement, est-ce si surprenant de le retrouver dans une réunion publique où des contes pour enfants viennent d'être racontés pendant une heure et demi au micro ?


Derrière lui, s’étend la file des voitures qui mettront des heures pour quitter les lieux du rassemblement. Peut-être que ce sympathisant fièrement conservateur aurait dû opter pour un moyen de locomotion plus traditionnel ? Les rennes ?

085 : WOODBRIDGE, Virginia, 18 octobre 2008.

Rally for John Mc Cain and Sarah Palin.


John Mc Cain tarde à arriver ce matin là. Les photographes et les cadreurs commencent à s'impatienter. Comme pour les occuper le Secret Service prend alors l'initiative inhabituelle de rendre visite à tous les journalistes étrangers placés un peu trop près du parcours du candidat. Vérifiant leurs diverses accréditations et l'identité de leur employeur, chacun s'exécute en silence trop conscient du pouvoir de ces agents. Le miracle du jour a pourtant lieu : ils quittent la scène avant d’arriver à son extrémité. Finalement trop près du sujet, il me faut prendre du recul pour prendre des clichés !

086 : LEESBURG, Virginia, 27 octobre 2008.

Rally for John Mc Cain and Sarah Palin.


Le rouge est la couleur à laquelle s'identifie le camp Républicain, le bleu étant celui des Démocrates. Au milieu de la liesse, les pancartes “Keep VA red” demandent à ce que la « Virginie reste rouge ». Répondant à cet appel, c'est une forêt de rouge appuyé qui se dresse dans le froid automnal du matin. L'accent Français intrigue et séduit. Il est le meilleur des passeports pour cette plongée dans l'Amérique populaire.

087 : LEESBURG, Virginia, 27 octobre 2008.

Rally for John Mc Cain and Sarah Palin.


Après une arrivée triomphale accompagnée de son fidèle mari, Sarah Palin encourage et remercie un public fourni. Elle leur offre alors ce geste plein de féminité révélant toute sa flamboyante personnalité. La candidate à la vice-présidence véhicule l'image d'une femme forte, indépendante, ferme et donc prête à imposer à l'Amérique et au monde les légitimes valeurs que défendent et plébiscitent ses sympathisants.

088 : LEESBURG, Virginia, 27 octobre 2008.

Rally for John Mc Cain and Sarah Palin.


Pourtant si enclins à dénoncer les médias ou à les huer quand le rythme du discours de Sarah Palin les y autorise ou le leur demande, les sympathisants Républicains demeurent comme beaucoup d'entre nous : enthousiastes à l'idée d'être pris en considération par la presse.


L'identification démonstrative de cette adolescente à la candidate à la Vice-Présidence, et ainsi à ses positions radicales sur les questions de société, doit faire mesurer à l'observateur étranger l'importance des valeurs traditionnelles dans une large part du tissu social américain.

089 : WOODBRIDGE, Virginia, 18 octobre 2008.

Rally for John Mc Cain and Sarah Palin.


John Mc Cain est, comme Barack Obama, rompu à l'exercice des bains de foule. Il sait lui aussi saluer avec générosité ses partisans. Cet exercice imposé de rencontres avec le peuple pour tout les candidats au Suffrage Universel et aux responsabilités politiques, déchaîne une tempête que seuls les agents de sécurité du Secret Service viennent calmer.

090 : LEESBURG, Virginia, 27 octobre 2008.

Rally for John Mc Cain and Sarah Palin.


Sensée incarner les valeurs familiales chères au cœur de l'Amérique conservatrice, Sarah Palin fait de sa vie de couple et de sa famille nombreuse un argument de campagne. Son mari l'accompagne régulièrement dans ses réunions publiques. Moins habitué qu'elle au jeu médiatique, il ne sait pas comment réagir à la présence non prévue d'un photographe au milieu de ses partisans. Il hésite sur sa nature : journaliste audacieux ou simple supporter très bien équipé ? Il ne peut pas savoir que cette présence incongrue en arrière ligne est dû à la bienveillance d'un militant trop heureux de servir de guide à un jeune étranger.

091 : VIRGINIA BEACH, Virginia, 13 octobre 2008.

Rally for John Mc Cain and Sarah Palin.


A la fin de cette réunion de campagne publique, John Mc Cain déchaîne les foules au point de donner l’impression d'être porté par une marée humaine. Il est le héros de ces hommes jeunes et travailleurs des zones rurales de cette région littorale de la Virginie. Le soulèvement populaire que provoque cette rencontre entre le candidat et ses partisans connaît moins la nuance des couleurs que ceux de son adversaire démocrate. L'enjeu pour ses admirateurs est de tenter de toucher le Héros, même du bout des doigts, comme pour mieux caresser leur rêve. Alors que Barack Obama transporte si bien les foules, le camp Républicain a tout à gagner à faire durer ces contacts directs avec ses partisans.

092 : WOODBRIDGE, Virginia, 18 octobre 2008.

Rally for John Mc Cain and Sarah Palin.


Pour la plupart de ses supporters, John Mc Cain, prisonnier pendant la guerre du Vietnam, incarne la figure du Héros militaire si chère à toute l'Amérique qu’elle qu'en soit la conviction partisane. Son courage militaire reconnu, il a le respect de tous, y compris d'une partie des électeurs Démocrates.


Ce couple n'en finit pas de se bécoter alors que le public achève de quitter les lieux. Lui affiche ses badges pro-Mc Cain comme autant de décorations, qu'il rêverait sans doute militaires, tandis que l'attitude de sa femme trahit une certaine ingénuité adolescente en accord, sur la forme, avec certains arguments développés par le discours du candidat Républicain.

093 : WOODBRIDGE, Virginia, 18 octobre 2008.

Rally for John Mc Cain and Sarah Palin.


Lorsque l'on photographie de très près le candidat, il suffit de regarder le regard ou les mains des agents du Secret Service pour connaître les limites à ne pas franchir et l'intérêt supérieur qu'il y a à ne pas le faire .C'est précisément ces limites qui se révèlent finalement les plus intéressantes !


Ne pouvant faire don à tous leurs partisans d'un bout de leur corps les candidats Républicains aiment particulièrement à pointer avec l'index des anonymes qu'ils sont sensés avoir reconnus ou remarqués plus spécialement. Il se créé alors une sorte de dialogue et de lien direct entre eux. Ces sympathisants sont à leur manière comme montrés par une main divine qui saurait reconnaître et désigner les siens.

094 : NASHVILLE, Tennessee, 7 octobre 2008.


Campus de l'Université de Belmont où est organisé le second débat entre John Mc Cain et Barack Obama.


Cette famille partisane de John Mc Cain apparaît comme l'Idéal Type de l'électorat du candidat. Une famille nucléaire unie, blanche, un garçon comme aîné ; les années qui passent et la bonne chair qui s'accumule. Rien ne manque à ce tableau : ni le trop plein de badges sur le poitrail des enfants, ni ce sourire caractéristique des gens honnêtes qui ne seraient pas si influençables si on leur avait offert le temps et la chance d'avoir accès à la nuance.


Défendant souvent, voir quasi exclusivement, leur vote en faveur des Républicains en affirmant qu'ils se retrouvent si bien en eux, la pluie abondante qui tombe ce matin sur le Tennessee relève du coup de pouce Divin permettant cet intéressant et esthétique jeu de miroir.

095 : VIRGINIA BEACH, Virginia, 13 octobre 2008.

Rally for John Mc Cain and Sarah Palin.


Ce n'est pas la foi aveugle dans le destin du candidat Démocrate qui devait faire de cette image le symbole définitif du sort que devrait connaître le candidat Mc Cain. Il ne croyait pas lui même en ce qu'il disait, semblant accablé par les raccourcis qu'il devait user pour enthousiasmer les foules. Jamais au cours des trois mois, un seul signe sur le terrain ou dans la rue ne laissaient planer le doute. Le soir de l'élection, c'est d'ailleurs un raz de marée : les résultats sont  proclamés dès 22H et John Mc Cain, que l'on sent presque rassuré et satisfait, accepte très vite sa défaite et rend hommage au Président Elu.

Les sondages serrés ? Les analyses érudites sur une Amérique qui ne se risquerait pas à voter Obama au dernier moment ? Diversions habiles pour mieux continuer à “vendre du papier”.

096 : CHICAGO, Illinois, 4 novembre 2008 – election night-.


La scénographie est impeccable : à quelques minutes de l'apparition du Président élu des Etats-Unis accompagné par son épouse et ses deux filles, cet agent du Secret Service se poste discrètement sur scène.


Ce petit élément dans le décor indique le statut que va gagner Barack Obama lorsqu'il apparaîtra à nouveau aux yeux du monde. C'est un chef d'Etat que les Américains vont bientôt accueillir par d’interminables vivats.

097 : CHICAGO, Illinois, 4 novembre 2008 – election night-.


Cette jeune femme agite fièrement le drapeau américain. Son visage resplendit de joie et de fierté. Néanmoins, ce ne sont plus des cris ou des clameurs de joie qui sortent de sa bouche. Son sourire dessine une douce sensation d'apaisement et la foi en ses espoirs.

098 : CHICAGO, Illinois, 4 novembre 2008 – election night-.


Le Tsunami interminable des vivats et des larmes de joie à l'annonce des résultats vient de passer. Sans les moyens de se payer une place à 1000 dollars sur les nombreuses plate-forme construites pour la presse, il s’agit de jouer d’audace pour se trouver le bon angle de prise de vue. L’ « emprunt » d’une chaise, miraculeusement et momentanément abandonnée, suffira à construire un promontoire suffisant pour prendre des photographies. L'apparition de la famille présidentielle demeure un moment très fort même pas entamé par la présence d'un homme accroché à un poteau et qui se place au dernier moment dans cet improbable champ de vision. Comment lui en vouloir de jouer les audacieux ?

099 : CHICAGO, Illinois, 4 novembre 2008 – election night-.


Cette nuit, c'est une Amérique unie qui se fête. Après l'émotion vient le temps des célébrations. Les petits groupes d'amis se répandent et se répondent joyeusement dans un Grant Park qui ne veut pas se vider. La joie contenue et digne des électeurs permet de mesurer tous les espoirs placés dans cette victoire et tout le respect qu’ils accordent au moment d’histoire qu’ils viennent de vivre.

100 : CHICAGO, Illinois, 4 novembre 2008 – election night-.


Après un discours captivant, Barack Obama revient sur scène au bras de la future First Lady. Le couple Présidentiel est accompagné par le Vice-Président élu, Joe Biden et sa seconde épouse, Jill, émue aux larmes. Malgré une mise en scène superbe, personne ne feint sa joie ni ne dissimule son émotion.

101 : CHICAGO, Illinois, 4 novembre 2008 – election night-.


Le sentiment de fierté est partout et il s’inscrit tous les visages. Le bonheur se lit au bout de tous les sourires : des premiers plans jusqu’aux derniers. A sauter de joie et à jouer de toutes ses dents !

102 : CHICAGO, Illinois, 4 novembre 2008 – election night-.


Dans Grant Park les gens s'embrassent et se cajolent. Certains sont incapables de se remettre de la vitesse à laquelle une page de l'histoire contemporaine vient de s'écrire devant leurs yeux. Cette étreinte interminable semble dire : “enfin”. Ces jeunes gens restent sans voix, leur capacité à s’exprimer avec des mots semblant comme évanouie dans la nuit constellée de leurs espoirs.

103 : CHICAGO, Illinois, 4 novembre 2008 – election night-.


Depuis le matin, le nombre de personnes arborant des badges ou des T-shirts pro-Obama s’est multiplié. Au cours de cette journée pleine d’enjeux, mêmes les caissières des supérettes osent afficher leur choix à la boutonnière. Pourquoi dissimuler sa sérénité et sa joie quand ce sont des millions de gens qui jubilent cette nuit du 4 novembre ?

104 : CHICAGO, Illinois, 4 novembre 2008 – election night-.


Cette jeune femme traversant Grant Park avec fierté en faisant voler la bannière étoilée parmi ses compatriotes porte un T-shirt signifiant : “Il est prêt pour entrer à la Maison Blanche. “Il”, c'est évidement Barack Obama. Pendant toute la campagne, les Républicains ont souvent avancé l'idée que le Sénateur de l'Illinois n'avait pas acquis l’expérience nécessaire pour diriger le pays et conduire ses affaires.

Ce soir, voilà la réponse de l’Amérique.

105 : CHICAGO, Illinois, 7 novembre 2008.


La première conférence de presse du Président élu Barack Obama. Dans ce salon du Hilton, sur l’interminable Michigan Avenue, il est accompagné des membres de sa future équipe. La presse nationale et la presse internationale s’entassent face à eux, alors que je me glisse sous les oreilles de la sécurité.

106 : CHICAGO, Illinois, 9 novembre 2008.


Cinq jours après le scrutin, cette galerie commerciale faisant face au Lac Michigan propose 75  % de réduction sur tout les articles frappés à l'effigie des malheureux candidats Républicains. En attendant, cette boutique n'omet pas de réassortir son stock de produits dérivés à l'image du nouveau Héros de l'Amérique.