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Une rétrospective mettant en exergue mes grands reportages d’actualité venant s’imbriquer à mes travaux au long cours. 10 ans de reportages de Téhéran à New-York, d’Istanbul à Dublin, de l’année 2000 à 2010, de mes 20 à mes 30 ans.

ILE D’OLERON, été 2000.

Extrait de GRAPHUMANISME


J’ai 20 ans...

GÊNES, Italie, été 2001.

Extrait de WEEK-END A GENES


Les violences lors des manifestations hostiles au G7 de Gênes en 2001 ont marqué les esprits et l’histoire contemporaine. Longtemps au plus près des combats de rues, je quitte ces espaces d’affrontements, harassé physiquement et moralement par ce que j’y voyais et ce qui s’y passait.

Je décide alors de montrer l’autre visage, celui le plus ressemblant à la réalité, de ces grands rassemblements altermondialistes. Je saisis alors des figures souriantes, des militants heureux et motivés sous le soleil de l’Italie. Tous rêvent à un monde meilleur : ensemble tout est possible !

Bien que condamnant les violences, les Génois consternés par la réaction de leur police soutiennent les manifestants pacifiques. La chaleur est si intense que les badauds projettent de l’eau sur les manifestants pour apaiser leur soif et calmer leurs sensations d’intenses chaleurs

De tout cet enthousiasme, de toute cette joie, de ces instants de partage, je ferai une exposition proposée à Poitiers et que j’appellerai « Week-end à Gênes ».

PARIS, France, printemps 2001.

Extrait de AFFRONT NATIONAL


Que faisiez-vous le 21 avril 2001 ? Rentré à Marennes pour exercer mes droits de citoyen Français, j’étais chez mes parents à attendre les résultats du premier tour de l’élection présidentielle. Puis, il est 20 heures, les chiffres tombent : ils sont accablants. Evidemment, le fascisme n’est pas à nos portes mais quelle claque ! Responsables de cette situation : l’insistance des télévisions nationales à valoriser durant des semaines le moindre fait divers, les dispersions de la gauche et son inertie à propos de l’insécurité, la grasse démagogie de la droite ! Peu importe, la France va vivre plusieurs jours de tension jusqu’au second tour et la réélection du Président sortant, Jacques Chirac. Les manifestations du 1er mai, muées en défilés anti-Le Pen drainent près d’un million de personnes dans les rues de la capitale. Me rendant à la manif du Front le matin précédent ces rassemblements, je me retrouve propulsé par la masse des photographes au pied de la statue de Jeanne d’Arc et je me retrouve face à Le Pen. Avec Ironie, le calicot « Le Pen Président » semble me dire « Le Pen PRESque au pourvoir, Le Pen PRES de moi » !

ESSAOUIRA, Maroc, été 2002.


A l’été 2002, je séjourne à Marrakech dans une famille marocaine de la médina. Je me rends quelques jours à Essaouira, ville portuaire située sur la Côte Atlantique. Subissant les assauts des vents, la ville est le paradis des surfeurs occidentaux rebaptisé « surfés » par quelques résidents Français amusés. Je déambule parmi les ruelles, les marchés. Ce soir là, en ville comme dans le reste du pays, on se prépare à fêter dignement le mariage du jeune roi Mohammed VI. Les célébrations promettent d’être fastueuses. Quelques femmes se massent alors sur l’une des places près du Port en attendant le début des festivités. Leur compagnie m’offre avec la lumière du soir une belle image et cet amusant télescopage visuel.

GÊNES, Italie, été 2001.

Extrait de WEEK-END A GENES


La fin du XXème siècle a vu naître le mouvement dit « anti-mondialisation », sensé s’opposer à l’expansion du système libéral et du système capitaliste sur toute la planète alors que le bloc communiste venait à peine de disparaître. Les rassemblements populaires se multiplient en Amérique du Nord et en Europe et voient converger des centaines de milliers de participants. Ces grands défilés, que l’on ne baptise pas encore d’« altermondialistes » sont alors marqués par de très violents affrontements avec les forces de l’ordre. C’est le cas lors des journées réunissant le G7 cet été 2001 dans la baie de Gênes dans l’Italie de Silvio Berlusconi.

Je reste profondément marqué par les violences que j’y ai vu dans une ville en état de siège ou le bruit assourdissant des hélicoptères de surveillance se mêlaient aux bruits sourds des grenades anti-émeutes. Sous un soleil de plomb, je parcours, de longues et larges artères pour certaines intégralement saccagées, carbonisées, pillées et parfois recouvertes de sang. Le soir venu, dans le silence de la nuit, ce sont d’immenses parkings qui laissent découvrir des centaines de véhicules incendiés et répertoriés par la police. J’apprendrai à mon retour que mon frère et mon père se seront démenés tout le week-end pour empêcher ma mère d’être devant la télévision aux heures des informations pour qu’elle ignore l’ampleur de la réalité.

PARIS, France, printemps 2001.

Extrait de AFFRONT NATIONAL


De retour d’un séjour dans le Sud-Est de la France, je profite de mon passage à Paris pour aller photographier le traditionnel défilé du 1er mai du Front National, parti d’extrême droite qui alimente alors depuis près de 15 ans régulièrement l’actualité et interroge les valeurs de la France. Je sors du métro sous un début de pluie alors que résonnent dans les couloirs depuis la rue de puissants « La France aux Français ».

Arrivé Place de l’Opéra, je photographie cet homme à l’arrêt écoutant le tribun, le héros, celui qui a réussit à fédérer toutes les traditions de l’extrême droite française : Jean Marie Le Pen. Il me semblait avoir sous les yeux un représentant direct de ces militants des Ligues des années 1930 qui déstabilisèrent la Troisième République et firent trembler la Démocratie. Si terrifiante ou si parlante qu’elle soit, cette photographie n’est pourtant pas à l’image de la majorité de l’électorat frontiste : populaire. Elle révèle plutôt les origines de l’idéologie qui fonde le parti nationaliste.

Sud de Madrid, été 2002.


Traversant l’Espagne cet été 2002, je m’arrête sur une aire d’autoroute en plein milieu de l’après midi. La place est déserte : personne dans ce vaste espace silencieux et standardisé. Soudain, je réalise que face à moi se tient le couple Mégret. Bruno Mégret, ancien numéro deux du Front National ayant quitté le parti après être entré en dissidence, boit tranquillement un café. Je m’approche du couple et demande poliment à faire une photo, ce que les époux acceptent. Les Mégret ont défrayé la chronique politique du milieu des années 1990. Catherine a été élu maire de Vitrolles alors que son mari Bruno avait été rendu inéligible par une décision de justice après son élection à ce poste.

Je les photographie comme si je faisais une photo de mes amis en vacances. Leur intimité est magique ! Catherine s’installe comme une femme amoureuse près de Bruno. Le cadrage décentré accentue davantage le sentiment de solitude et de banalité du couple.

PARIS, France, automne 2003.


Ayant vécu en Toscane jusqu’à l’été 2003, je suis content, néanmoins, de retrouver ma vie en France. Je reprends alors mes bonnes habitudes et je me rends régulièrement à Paris pour photographier ses nombreuses manifestations sociales. En ce début d’automne, la Ville Lumière accueille le Forum Social Européen, forme policée du mouvement altermondialiste si hétéroclite et hétérogène. Le Maire de Paris se rend sur place, et en début de cortège, quelques minutes. Je me retrouve donc sans autres journalistes face à Bertrand Delanoé dont j’avais photographié la campagne lors des élections présidentielles du printemps 2001. Je vole ce portrait, si spontané et décontracté.  Je lui adresse ensuite la parole et je fais de lui un autre portrait posé, souriant : photo sans intérêt.

ANKARA, Turquie, hiver 2005.

Extrait de COMEDIE EUROPEENNE


Lorsque j’habitais et travaillais dans la capitale politique de la Turquie, les fenêtres de mon bureau donnaient sur l’une des plus importantes artères du centre d’Ankara. Pratique pour entendre et voir venir les événements de loin ! Située près du Parlement cette avenue commerçante est très animée et les manifestations politiques en tout genre s’y succèdent pratiquement quotidiennement qu’elles rassemblent gauchistes, islamistes, nationalistes ou communistes.

Lorsque les forces anti-émeutes, cernent pour embarquer les manifestants trop agités en fin de défilé, des policiers et leurs chiens s’excluent du cercle pour observer et sécuriser le périmètre d’intervention. Cet après-midi là, ne supportant plus les lacrymogènes et lassés d’esquiver les coups de matraques perdus, je me réfugie sur le toit des toilettes publiques. Je surprends alors l’homme et l’animal dans un curieux et amusant mimétisme proche de l’hybridation.

ANKARA, Turquie, automne 2004.

Extrait de GRAPHUMANISME


Pour me rendre à l’Université Hacettepe d’Ankara, s’étalant sur un vaste campus construit sur le modèle américain et pour laquelle je suis intervenu un an sur l’histoire et la civilisation française contemporaine, je devais traverser un parc public. Au cœur de ce parc, un grand lac artificiel alimenté par de nombreux petits bassins distrait chaque week-end les Ankariotes. Des fontaines viennent agrémenter la surface de l’eau qui offre comme une oasis de calme dans le tumulte urbain de la capitale.

Frontière hispano-marocaine, été 2002.

Extrait de GRAPHUMANISME


Ayant observé et subit plusieurs fois les insupportables outrances verbales de la police locale (lors d’un séjour au Maroc), je ne me résolvais pourtant pas à ne pas photographier la vie de la frontière terrestre marquant la séparation entre l’Europe et le Maroc dans l’enclave espagnole de Ceuta. La vie grouille, la situation de ceux qui traversent quotidiennement la frontière est terrible. Pour faire cette image, je me cache avec mon appareil photo sous un tas de vêtements sur les sièges arrières d’une grande berline. L’encadrement de la vitre de la voiture donne sens et esthétisme à la prise de vue.

SIENA (Sienne), Italie, printemps 2003.

Extrait de GRAPHUMANISME


J’ai eu la chance de vivre un an en Toscane dans la superbe ville de Sienne. Je résidais non loin de la Piazza del campo, le cœur de la vie sociale et politique de la ville depuis des siècles. La Place accueille chaque été le fameux Palio, course mythique de chevaux opposant les différents quartiers de la ville.

Pendant un an, chaque jour ou presque, je me rendais sur ce balcon dominant le « campo » et offrant une vue imprenable sur les principaux édifices religieux et civils de la cité. Pour s’y rendre, il fallait passer un étroit passage depuis la mezzanine d’un petit bar. Beaucoup de touristes n’ont jamais pu en trouver l’entrée. Depuis ce promontoire, je discutais, lisais, buvais photographiais,  réfléchissais, méditais, séduisais, observais. Après un bel après midi passé en compagnie d’une Athénienne, je réunis toutes les marques de notre séjour prolongé pour les descendre au bar : nos paquets de cigarettes vides, nos cafés, les boîtes de mes films noir & blanc. Avec la lumière de la fin de journée, l’évidence graphique s’offrait à mon regard. Malgré les heures passées sur ce balcon, je réalisais spontanément une des images qui allait rester une des mes favorites.

ESSAOUIRA, Maroc, été 2002.


Le Maroc est le seul pays où j’ai éprouvé des difficultés à photographier et à le faire comme je l’aime : sur le vif. Globalement le bilan de mon séjour photographique a été positif, néanmoins, il reste largement handicapé par ces difficultés. D’abord, je ne passe pas toujours inaperçu et il y a, en permanence, quelqu’un pour m’interpeller. Souvent, on me prend pour un touriste. Parfois, il m’arrive d’être violemment pris à partie. Si je demande, en général, les gens acceptent, parfois moyennant finance. Cependant, ce genre de prise de vue ne m’intéresse pas. Je ne suis pas un touriste, je ne veux pas de ces photo posées.

Longeant les antiques murailles du port d’Essaouira par une belle soirée de juillet, je vois cet homme -et ses chaussures !- adossé à un mur. Je veux cette photo ! Je refuse de lui demander de poser, risquant d’enlever à la photo toute sa pertinence, sa beauté et son côté amusant. Je m’installe alors discrètement contre lui faignant de photographier les arbres et les passants.

FLORENCE, Italie, printemps 2003.

Extrait de GRAPHUMANISME


Lorsque j’habitais à Sienne, je me rendais régulièrement chez sa voisine et héréditaire rivale, la belle Florence. Cette cité arrive avec talent à conjuguer son intense activité touristique et de préservation de son inestimable patrimoine, avec la nécessaire vie économique moderne. Florence est donc l’une des villes les plus belles et les plus dynamiques d’Italie. Je réalise cette image sur les bords de l’Arno, non loin du mythique Ponte Vecchio. A peine à quelques mètres du spectacle désolant du tourisme de masse, cet homme tranquille offre graphisme, harmonie, et sérénité.  

PARIS, France, automne 2003.

Extrait de GRAPHUMANISME


J’adore Paris, j’aime cette ville, j’apprécie m’y perdre et y marcher pour photographier, observer, déambuler. Ce samedi après-midi, je contemple avec mon pote Christophe, dans nos volutes de fumée, la rue de Rennes très animée. Cette soirée là, nous sommes installés en haut d’un échafaudage accessible par la fenêtre du 6ème étage d’un bel immeuble Haussmannien. Rentré de Paris Photo, nous nous plaisons à admirer la belle lumière de cette fin de journée. Les ombres des passants sont impressionnantes et élégantes : c’est distrayant, amusant, étonnant. Pourtant, je ne réagis pas. Soudain, je vois ces deux juifs orthodoxes descendre depuis le Boulevard Raspail et s’avançant vers Saint Germain. Immanquablement, ils allaient passer sous mes yeux : je vole au dessus de la balustrade du balcon, me précipite vers mon sac et mon appareil photo, j’attends l’instant décisif : CLAC ! Cette image servira d’affiche pour une exposition à Istanbul en 2006, illustrera plusieurs articles traitant de mon travail et sera éditée sous la forme de carte postale.

ANKARA, Turquie, hiver 2005.

Extrait de GRAPHUMANISME


A la fin de la Première Guerre Mondiale, les autorités Turques, dans un souci de modernisation et de reconstruction nationale, ont fait d’un village des plateaux anatoliens, la capitale d’un nouvel état né sur les ruines de l’Empire Ottoman : Ankara. La ville administrative offre donc une architecture moderne. Il s’y érige de curieuses sculptures aux croisements des avenues et au centre des places publiques. La jeunesse revendicatrice d’Ankara aime se hisser sur ces  ornements géants comme la jeunesse française se plaît à se hisser sur les symboles de notre Pays à République ou à Nation. Une manifestation de soutien au peuple Palestinien me donne l’occasion de surprendre cette scène intrigante et stupéfiante. Ces enfants d’Ankara sont comme portés par la généreuse et protectrice œuvre de modernisation des pères fondateurs de cette Nation pleine d’avenir.

Téhéran, Iran,  printemps 2005.


J’ai réalisé cette image au cœur de Téhéran, non loin de l’Ambassade de France dont j’attendais l’ouverture des services. Profitant du soleil du matin dans un parc public, je photographie les murs recouverts de messages colorés à la gloire de la Révolution islamique.

Cet homme stylisé (une barre pour le tronc, un rond pour la tête et 4 traits pour les membres) est un des rares, si ce n’est le seul, symbole qui soit commun à toutes les civilisations et les époques et dont tous les êtres humains identifient le sens.

Nord d’Ispahan, Iran, printemps 2005.


Après un séjour à Téhéran, je décide de me rendre à Ispahan, ville antique mais toujours dynamique, située plus au sud de l’Iran. En chemin, je passe quelques jours dans un village pour fêter le 1er de l’An chiite. Un matin nous partons en minibus au rythme de chants religieux pour nous rendre à la mosquée où nous célébrerons dignement le Tout-Puissant. J’y suis très bien accueilli par tous les convives et les Pèlerins, surtout par ceux qui n’ont jamais rencontré d’étranger. Du haut du toit, au pied d’un impressionnant et bleuté Minaret, j’observe tranquillement la partie réservée aux femmes sans me faire remarquer. Redescendu dans la cour, je poursuis mes prises de vues avec flegme et décontraction, toujours à la recherche des effets graphiques de l’ensemble architectural. Une fois à Ispahan, je suis si bien intégré au paysage que je me fais arrêter dans la rue par des Iraniens qui me demandent …leur chemin.

Rivages de le Mer Noire, Turquie, été 2005.

Extrait de GRAPHUMANISME


En juin 2005, nous avons entrepris avec mon pote Loïc, de remonter les côtes Turques de la Mer Noire jusqu’à la frontière Géorgienne. Au cours d’un après-midi très chaud, nous nous posons en terrasse d’un restaurant dominant le port d’un petit Hameau.

Je photographiais sans conviction du haut de mon promontoire les enfants jouant sur le rivage et le mouvement des bateaux de pêche lorsqu’une mobylette s’avançant sur la jetée offrit un intéressant et curieux graphisme au panorama.

SOFIA, Bulgarie, hiver 2005.

Extrait de GRAPHUMANISME


Les  rues de Sofia peuvent interpeller l’observateur venu de France qui voit s’étaler dans le froid la misère de la capitale d’un pays ayant très récemment intégré l’Union Européenne.

Le froid et la neige ne sont guère pratiques pour marcher mais s’avèrent être d’intéressants atouts esthétiques pour le photographe. La neige, en particulier, offre de nombreuses situations cocasses et apporte une certaine magie à la vie de tous les jours grâce à son épais manteau immaculé. Si la ville est très ancienne et a subi des influences diverses comme celles de la culture byzantine ou ottomane, la capitale Bulgare a été aussi membre du bloc soviétique pendant près d’un demi-siècle et a subit son influence architecturale. La cité offre donc de larges places et de longues artères serpentées par des tramways trop longs et déstructurés dont les fils s’accrochent aux branches des arbres rarement taillés. Lorsque le soir tombe, la  neige et le verglas deviennent l’ennemi du travailleur abandonnant son bureau, mais se révèlent les doux  alliés du photographe à la recherche de l’harmonie graphique. 

SOFIA, Bulgarie, hiver 2005.

Extrait de LOVE, ETC.


L’hiver, les journées sont courtes dans la capitale Bulgare et ses longues artères centrales s’habillent d’une épaisse couche de neige. Je ne retrouvais la sensation de mes orteils qu’une fois retrouvée la chaleur de ma chambre d’hôtel après une journée passée à arpenter des rues où cohabitent église, synagogue et mosquée.

Après une visite dans un centre commercial, subterfuge habile pour mieux me réchauffer, je surprends ces deux jeunes amoureux en sortant de ce bâtiment à l’architecture Stalinienne. Puis, je vois arriver un autre couple sur la piste. Ils allaient tous les deux m’offrir ce puissant et amusant télescopage.

ANKARA, Turquie, hiver 2005.

Extrait de COMEDIE EUROPEENNE


En Turquie comme en France les étudiants manifestent beaucoup à moins que ce ne soient les manifestants qui étudient beaucoup.. ? Ce jour là, une manifestation non autorisée d’étudiants a été stoppée net par une police anti-émeute suréquipée. Après leur ficelage en règle, les jeunes sont emmenés dans des bus de la Police pour être conduits en garde à vue. Cette étudiante est comme enveloppée dans le drapeau qu’elle agitait une demi-heure auparavant et qui la présente empaquetée dans une sorte de camisole. L’expression de la jeune femme me rappelle, le célébrissime et superbe tableau de Munch : der Schrei (le Cri) et l’impuissance de son héros. Et comme dans la toile du maître, où les passants sur le Pont semblaient indifférents et insensibles à la détresse, les regards de ces policiers trahissent leur indifférence et leur désinvolture face à cet autre cri : celui de la révolte.

ANKARA, Turquie, hiver 2005.

Extrait de COMEDIE EUROPEENNE


La jeunesse turque hostile à l’intégration européenne s’est réunie dans le centre d’Ankara un après-midi de février pour faire entendre son point de vue. Néanmoins, le rassemblement ayant été interdit par les autorités, un important service de sécurité bloque le départ du défilé. Opportunément, des barres de fers et des « cocktail Molotov » ont été découverts sur quelques manifestants. Une jeune femme déclare solennelle et avec d’interminables digressions devant des dizaines de caméras, de micros et d’appareils photo que le défilé aura tout de même lieu. Le choc frontal avec les forces anti-émeute est désormais inévitable. Après avoir été encerclé, les jeunes sont systématiquement extraits de la masse, plaqués au sol, menottés et ficelés tels des paquets prêts à être expédiés.

ANKARA, Turquie, hiver 2005.

Extrait de COMEDIE EUROPEENNE


Si la jeunesse de France peut se plaindre de l’emploi de la force par l’autorité publique, je l’invite à se rendre hors de nos frontières… Après une heure d’affrontement dans le froid de l’hiver, cette jeune femme rend les armes entre coups de matraques, lacrymogènes et cris déchirant la quiétude de ce parc public de la capitale Turque. Mon œil est attiré par le rouge de ce drapeau qui se voulait certainement porteur des symboles communistes ou au moins révolutionnaires. Image intéressante puisque semblant signifier et symboliser toute la brutalité de la police, ces bottes plantées autour du corps inerte font, en fait, office de la meilleure des protection contre la violence des combats. Moi-même, je m’écroule un instant quelques dizaines de minutes plus tard ne parvenant plus à caler le rythme de ma respiration sur celui des cris et des pleurs.

LA ROCHELLE, France, été 2006.

Extrait de PRESIDENTIELLE 07


A la fin de chaque mois d’août, les militants socialistes se réunissent à La Rochelle pour débattre de leur programme, de leurs idées, de leur stratégie. Cette Université d’été 2006 doit voir se profiler le visage de celui –ou de celle !- qui représentera le parti à l’élection Présidentielle de 2007 face au champion incontesté de la droite : Nicolas Sarkozy. Nombreux sont les prétendants : le légitime premier secrétaire du parti François Hollande, Laurent Fabius et ses carottes râpées, le formidable Jack Lang, le radical Mélanchon, le Parisien Delanoé, le progressiste Strauss Kahn, etc, etc. Néanmoins, celle que toute la meute journalistique attend, c’est la belle Ségolène ! Le parvis de l’Encan, normalement habitué à la dignité des festivals en tout genre ou des planches à roulettes des ado, est noire de monde et de brouhahas. Comme à mon habitude, je me mets en position de photographier en m’extirpant de la masse. Lorsqu’elle arrive, je la vois toute menue et souriante avançant vers la vague. J’obtenais l’image amusante et symbolique de ce qui allait être reproché à Ségolène Royal pendant toute sa campagne, et surtout par ses « amis » de gauche : sa starification médiatique.

LA ROCHELLE, France, hiver 2006.

Extrait de RETOUR SUR CPE


Ce que j’aime photographier lors des grandes manifestations revendicatrices et populaires, c’est la joie des gens à occuper l’espace public. Cependant, je ne comprendrai jamais cette obsession des Français à s’exprimer en bloquant ! Routiers, gauchistes, étudiants, fonctionnaires, agriculteurs : vive la République des bloqueurs. A défaut de les comprendre, je profite de ces situations que je photographie avec malice. Une des journées d’action les plus suivies lors du mouvement anti-CPE s’est déroulé sous le beau soleil de La Rochelle. Après avoir descendu le boulevard Sautel, les étudiants, lycéens, autres jeunes, leurs soutiens et même des dockers CGT du Port marchand de La Palice bloquent (!) la rocade près d’une importante zone commerciale de la ville. En remontant depuis un rond point théâtre de violentes altercations entre automobilistes et jeunes sous l’œil passif de la Police, je surprends cette scène insolite. Un couple d’étudiants s’époumone de désir au milieu de la deux fois deux voies désertées !!! 

LA ROCHELLE, France, été 2006.

Extrait de PRESIDENTIELLE 07


Chaque fin d’été, c’est le même cinéma, la même comédie, la même corrida, les mêmes tragédies ? L’Université d’été de 2006 du Parti Socialiste qui précède l’Election Présidentielle de 2007 a pourtant été fort riche ! On se souvient de l’affrontement des « éléphants », du faux vrai retour de Jospin. Pourtant, c’est loin de la tenue des débats, des réunions et des discours que je me tiens. Le bal des prétendants à l’investiture socialiste devant la presse régionale et nationale sur le parvis de l’espace Encan est certes amusante mais finit par m’agacer. Préférant alors les contre-champs, j’aperçois Jack Lang téléphonant avec démonstration. Je le flashe alors sans complexe devant des badauds ahuris. Arrive alors Julien Dray, soutien de Ségolène Royal, que j’interpelle à haute voix puisque je l’avais photographié avec son héroïne quelques minutes auparavant. Enchaînant les bons mots  à leurs endroits, les deux hommes m’offrent un instant des plus insolites.

LA ROCHELLE, France, hiver 2006.

Extrait de RETOUR SUR CPE


Lors des premières manifestations hostiles au CPE la photographe Janine Niepce (1920-2007) m’avait prédit que ce mouvement prendrait de l’ampleur et elle m’avait conseillé de m’y intéresser. Néanmoins, mon calendrier m’empêchait de suivre les premiers rassemblements de La Rochelle. Un jour, je me décide à me rendre à une première manif rassemblant les étudiants près de l’Aquarium, non loin de Vieux Port de la ville. Je n’ai que quelques films sur moi, je ne pars pas très convaincu. Pourtant une fois traversé le port par la passerelle joignant la fac de sciences humaines à l’Aquarium, je suis surpris par l’ampleur de la mobilisation. Je slalome parmi les jeunes, salue quelques connaissances quand j’aperçois cette jolie blonde. Je me rapproche…ce sera ma toute première image d’un reportage qui allait durer plusieurs semaines. Lors de l’impression d’un catalogue d’expo, une technicienne me fit remarquer que la jeune fille qui crie est sûrement la même qui embrasse l’étudiant sur la rocade de La Rochelle (voir photo précédente). Deux mois séparent pourtant ces deux clichés.

POITIERS, France, hiver 2006.

Extrait de RETOUR SUR CPE


Pour rendre compte du mouvement de jeunesse hostile au CPE, je me rends à La Rochelle et Poitiers, les deux villes universitaires de la région Poitou-Charentes au cours de l’hiver 2006. Alors que l’on ne cesse d’épiloguer sur les violences des manifestations et de la façon dont une partie de la jeunesse et la police ne cesseraient de se défier de s’affronter, de se détester, je cherche une photo antithèse à ce discours facile et démagogique. Une grosse manifestation dans les rues de Poitiers allait me donner l’occasion d’une amusante et amusée prise de vue. Le sourire détendu et apaisé de cet agent et le regard mi amusé mi défiant du jeune homme, lui aussi tranquille, illustrait à merveille ce contre point tant attendu. L’effet de miroir entre le calot du flic et la crête de punk naissante du jeune semblant rapprocher symboliquement les deux hommes. Je choisirai cette image pour illustrer la couverture d’un catalogue d’exposition consacré à mon reportage sur ce mouvement anti-CPE.

LA ROCHELLE, France, hiver 2006.

Extrait de RETOUR SUR CPE


Si les Français en manif aiment les blocages, ils adorent dresser des barricades, comme les enfants adorent ériger des barrages dans le lit des rivières. Particulièrement bien doté en mobilier urbain, nos avenues offrent un matériel quasi inépuisable aux apprentis insurgés. A la fin des manifs, restent toujours les plus énervés ou les plus radicaux qu’ils soient occasionnels ou réguliers. On néglige aussi trop souvent que pendant les manifs, la « vraie vie » continue avec ses excès, ses angoisses, ses drames, ses déchirures.

Si j’avais déjà visualisé le graphisme qu’offrait cet enchevêtrement de panneaux, de béton, et de maigres palettes de bois, la présence de cette jeune fille allait me révéler cette belle  perspective. Bien que mon approche des sujets se veuille optimiste, je ne peux négliger la terrible sensation de solitude qui étreint parfois mes contemporains et qui peut se révéler au détour d’une rue, à la terrasse d’un café ou au détour d’une manif. 

LA ROCHELLE, France, hiver 2006.

Extrait de RETOUR SUR CPE


Tout l’hiver 2006, les manifestations de la frange de la jeunesse hostile au CPE ont alimenté les commentaires des journalistes de France et d’ailleurs. Plein feu sur les feux de poubelles, les feux de voitures, les feux bleus de la police mobile et sur les défilés qui dégénèrent en émeutes ou les occupations qui se muent en saccages. Certes réelle, bien que partielle et partiale, je m’amuse puis me lasse de cette image détestable et anxiogène de la jeunesse. Alors, sous le soleil Rochelais, je photographie avec sourire et bonne humeur les cortèges. Je montre l’essentiel des manifs : la joie d’occuper l’espace public avec ses rencontres et ses moments de partage : ce qui restera ancré dans la mémoire de ses acteurs.

Je réalise ainsi un reportage à Poitiers et à La Rochelle, au cours de ces longues semaines pour un pouvoir politique à bout de souffle. Un an après, j’effectuais mon « Retour sur CPE » une exposition de grands tirages N&B qui voyagea dans toute la France, de La Rochelle à Paris, de Brest à Lyon.

LA ROCHELLE, France, hiver 2006.

Extrait de RETOUR SUR CPE


Les manifestations de jeunesse hostile au contrat Premier Embauche ont permis à la France au cours de l’hiver 2006 de voir se multiplier les manifestations, les blocages, les occupations. Ironiquement, c’est lors de ce mouvement que s’est radicalisée une partie de la jeunesse lettrée de ce pays qui se structurera, quelques années plus tard, en une « ultra gauche » effrayante tant pour le pouvoir que pour une partie de l’opinion publique.

Décidé à ce que cette nouvelle journée de mobilisation n’en finisse pas, un petit groupe de manifestants décide de remonter la rocade de La Rochelle, laissée déserte dans les deux sens. Je les suis du regard et me place de façon à ce que la route leur offre de nouvelles perspectives.

Quelques secondes après, les trois amis se regroupent et les silhouettes se fondent en une masse informe, rendant inesthétique le moment. Mes trois personnages disparaissent au dernier virage puis une ébauche de trafic reprend. L’instant décisif est déjà loin.

LA ROCHELLE, France, hiver 2006.

Extrait de RETOUR SUR CPE


« La Révolution est une forme d’Art » disait Bob Dylan . Pour clore une manifestation anti-CPE des centaines de jeunes gens se ressemblent devant la Cité Administrative de La Rochelle avec pour objectif de l’envahir. La Police a pris place à l’intérieur. Un amusant face à face se met en place, chacun cherchant la défaillance dans le système de défense de l’autre. Néanmoins, la foule impatiente se dilue dans l’après-midi ensoleillé. La lumière n’est pas très belle, les arbres et les bâtiments projettent beaucoup d’ombres. J’hésite à partir, moi aussi, boire un café. Puis quelques libertaires portent de quoi décorer les tristes murs du bâtiment. Ils projettent des préservatifs remplis de peinture et repeignent les vitres sous le regard blasé des forces l’ordre qui les observent depuis l’intérieur. C’est la seule vraie photo que je fis ce jour là et la seule photo en couleurs de ce reportage sur les manifs anti-CPE de 2006.

Est de Cork, Irlande, été 2006.


Après un séjour à Cork, deuxième plus grande ville d’Irlande (la République pas la colonie britannique), nous remontons avec mon pote Loïc la côte Sud-Est du pays pour faire du surf et atteindre Galway puis le Connemara. La nuit ayant été courte et la visite matinale des falaises plus que rafraîchissante, nous nous posons en terrasse d’un bar sous une très belle lumière et un beau ciel Irlandais. Entre deux bouffées de cigarettes et un café imbuvable, j’hallucine et reste coi devant la multitude de panneaux indicateurs situés au carrefour. J’avance jusqu’au milieu de la voie et je charge mon boiter avec un film couleur. 

LA ROCHELLE, France, automne 2006.

Extrait de LOVE, ETC.


J’ai toujours aimé photographier les soirées étudiantes. Non pour ses excès régulièrement chroniqués dans les media de masse mais parce qu’elles offrent une densité de public idéale pour prises de vue discrètes. Cette multitude proposant un éventail très large de situations, il est possible de passer rapidement de l’agitation des pistes de danse au calme relatif des discussions entre amis.

Chaque année une des plus brillantes école d’ingénieurs de France organise une soirée, un gala, réunissant des milliers de jeunes à La Rochelle. L’occasion d’un beau reportage. Cette image en constitue la dernière pièce, comme le trahit l’heure indiquée sur la montre de ce jeune homme. Elle ira merveilleusement compléter ma série sur les amoureux.

PARIS, France, 6 mai 2007.

Extrait de PRESIDENTIELLE 07


Après la proclamation des résultats annonçant la victoire de Nicolas Sarkozy, je suis surpris du peu d’entrain de ses partisans réunis silencieusement (religieusement ?) Place de la Concorde près des Champs-Élysées. Ils écoutent dignement avec gravité les premiers mots de leur héros, notre nouveau Président de la République. Puis, descendues de tous les boulevards adjacents, des hordes de jeunes, joyeux et bruyants, se déversent au pied de l’Obélisque. Les cris de joie se mêlent aux interminables klaxons. Des dizaines de litres de champagne coulent et les fontaines sont envahies par les jeunes Populaires (militants de l’UMP, le parti du Président Sarkozy) : c’est la fête ! Pourtant la tension monte entre ces jeunes des beaux quartiers de plus en plus alcoolisés et la presse qui subit leurs outrages et leurs agressions à mesure que le taux d’alcool augmente dans leurs veines. Une bonne part de ces images de joie ne seront jamais diffusées pour cette simple raison. Comment filmer ou photographier sous les trombes d’eau jetées par grands seaux depuis les fontaines !

MARENNES, France, printemps 2007.

Extrait de PRESIDENTIELLE 07


C’est en me rendant à la station service près de chez moi que j’allais faire une des photo les plus drôles de mon reportage sur l’Election Présidentielle Française de 2007. Nous sommes un peu plus d’un mois avant le premier tour et je suis surpris de la précocité de l’affichage des militants UMP locaux. Trop pressé, je passe sans m’arrêter devant le panneau d’affichage en me disant que je m’arrêterai plus tard faire ce cliché. Néanmoins, vu la passion suscitée par le ministre de l’intérieur, il est peu probable que le collage survive très longtemps. Demi-tour toute ! Je photographie alors ce patchwork avec un large sourire aux lèvres en me disant que décidément cet homme semble avoir réponse à tout !

PARIS, France, 1er mai 2007.

Extrait de LES ROYAListes


Pour faire vivre l’espoir d’une éventuelle victoire à ses partisans jusqu’au bout, Ségolène Royal organise entre le premier et le second tour de l’Election Présidentielle, auquel elle a réussit à se qualifier, un grand rassemblement à Charlety. Ce stade de Paris est un lieu mythique pour la Gauche depuis Mai 68. Je m’y rends donc après un reportage sur le traditionnel défilé du 1er Mai. La foule est très nombreuse mais je parviens à me hisser dans le stade en passant par dessus les grilles : j’adore cette impression d’effervescence. En attendant l’héroïne, j’arpente le stade en regardant les gradins à la recherche d’images insolites. Je m’arrête devant ce gros bonhomme à moustache. Epiant ces deux amoureux, il semble leur dire avec son parapluie : « Sortez-couvert ! ».

PARIS, France, 6 mai 2007.

Extrait de PRESIDENTIELLE 07


Nicolas Sarkozy vient d’être élu Président de la République. La Place de la Concorde fête son nouveau héros avec des fleuves de champagne. Puis une rumeur court parmi les photographes : un important rassemblement hostile au nouveau Président s’organise Place de la Bastille. Alors, au cri de « à la Bastille », je me joins à cette autre meute et je traverse Paris en métro. A peine arrivé, je suis ébloui par le spectacle des grenades anti-émeutes qui sifflent dans le ciel jauni de la capitale. La place est bouclée, les premiers véhicules brûlent mais les manifestants sont peu nombreux. Ils ressemblent plus à des étudiants en sciences humaines qu’aux hordes de racailles annoncées et redoutées. La Révolution n’aura pas lieu.

PARIS, France, 6 mai 2007.

Extrait de PRESIDENTIELLE 07


Malgré sa désormais impossible victoire, les partisans de Ségolène Royal se massent par dizaines de milliers en fin de soirée rue de Solferino pour attendre les résultats de l’Election Présidentielle Française. Une bonne part de ses partisans et de l’électorat de la Présidente de Poitou-Charentes se définit en partie par son hostilité au candidat Sarkozy. Ségolène en rempart au Sarkozysme qui règne déjà en France depuis quelques années. La taille impressionnante de ce militant dominant la masse m’interpellait. La raideur de son bras trahissait cette particularité physique et la longueur hallucinante de son index semblait signifier qu’il incarnait l’indicateur idéal du message à transmettre à la camera de télévision qu’il fixait avec autorité et certitude.

PARIS, France, printemps 2007.

Extrait de LES ROYAListes


Je te vois !

PARIS, France, printemps 2007.

Extrait de LES ROYAListes


Si la politique passionne les Français, les grands rassemblements où les candidats prennent la parole les enthousiastent assez peu. Aussi, à chaque meeting, les partis politiques, même les plus puissants, doivent faire débarquer par bus entiers des militants venus de tout le pays. En me rendant à une grande réunion publique des partisans de Ségolène Royal, candidate à la Présidentielle de 2007, je suis amené à longer l’interminable file des autocars de militants. Alors que beaucoup voient dans Ségolène Royal une alternative au candidat Sarkozy, voir un pare-feu au fascisme pour les plus nuancés d’entre eux, je découvre cette affiche apposée opportunément sur la vitre d’une porte de secours. Tragique ou amusante ironie de l’auteur de ce collage ?

PARIS, France, automne 2007.


Un jour sur terre !

Pour qui et comment dans cette caverne urbaine ?

PARIS, France, 6 mai 2007

Extrait de LOVE, ETC.


Nous sommes le 6 mai 2007 et il fait chaud ! C’est aussi (et surtout ?) le jour qui doit légitiment et démocratiquement faire de Nicolas Sarkozy le nouveau Président de la République Française. Les rues de Paris sont désertes, les quais du métro, qui m’entraîne du siège de l’UMP à celui du PS, également. Je suis seul et j’observe, songeur, ces deux jeunes gens qui ne retiennent plus leur désir. Pourtant toujours prêts à saisir les amoureux qui se bécotent sur les bancs publics, je reste passif. C’est seulement lorsqu’un second train pointe son nez pour en rejoindre un premier, déjà à quai, que je réagis à la mise en scène. J’arrache mon boîtier de mon sac et j’augmente d’un coup de pouce énergique la sensibilité de mon capteur : CLAC ! Cette image servira d’affiche d’exposition et sera imprimée deux fois sous la forme de carte postale.

FLORENCE, Italie, automne 2007.

Extrait de MARATHON FIRENZE 07


Le marathon de Florence est l’un des plus couru du monde. Il attire de nombreux Français qui découvrent l’une des plus belle ville d’Europe au cours des 42 km du parcours.

Des milliers de sportifs aux fessiers rendus biens fermes par de nombreuses heures d’entraînements prennent donc place sur les hauteurs de la ville avant de s’élancer depuis la Piazza Michelangelo au pied d’une statue au corps idéal. Après le départ des coureurs, la place est recouverte de centaines de vêtements qui seront recyclés par quelques sans abri.

FLORENCE, Italie, automne 2007.

Extrait de MARATHON FIRENZE 07


Le marathon de Florence offre un spectacle des plus amusant puisque la vie ordinaire de cette cité dynamique et touristique continue pendant la course. Des milliers d’usagers d’ici ou d’ailleurs patientent donc en face d’étroites portes pour se rendre d’une rue à une autre. La ville vit alors au rythme des coureurs.

FLORENCE, Italie, automne 2007.

Extrait de LOVE, ETC.


La Toscane ayant revêtu ses chaudes couleurs d’automne, la brume de Florence dévoile discrètement aux touristes ravis toute la beauté et le mystère de la ville. A l’initiative de la demoiselle, ce couple met en scène sa romance italienne et saisit son bonheur de l’instant sur téléphone portable. Depuis la Piazza Michelangelo, je souris de cette rencontre harmonieuse entre la cité ancienne et cette attitude si contemporaine, toutes deux réunies par la douceur de l’horizon et les gestes d’affection des amants.

FLORENCE, Italie, automne 2007.

Extrait de MARATHON FIRENZE 07


Pendant le marathon de Florence des milliers de coureurs s’élancent. Certains partent néanmoins avec de sérieux handicaps !!! Ils n’oublient pas, néanmoins, de surveiller si, derrière eux, personne ne les rattrape !!!

FLORENCE, Italie, automne 2007.

Extrait de MARATHON FIRENZE 07


Je ne suis pas sportif. Lorsque j’ai découvert l’univers des marathoniens amateurs et professionnels, j’ai vivement apprécié la camaraderie et l’entraide dont ils font preuve entre eux, comme soudés par un même effort malgré la compétition. Je suis admiratif de voir le soutien moral qu’apportent les Florentins à ces athlètes et l’enthousiasme dont ils font preuve  tout le long des 42 kilomètres de l’épreuve.

FLORENCE, Italie, automne 2007.

Extrait de MARATHON FIRENZE 07


Après avoir remonté une partie du parcours du Marathon de Florence, je me poste à l’arrivée pour attendre mes petits camarades, courageux et sportifs. Si la plupart des participants arrivent heureux et béats d’efforts, une part non négligeable d’entre eux s’écroule au sol ou en sanglots sous la douleur. Certains passent la ligne d’arrivée main dans la main et souriants, d’autres le regard rivé sur leur chronomètre. Soudain sur la Piazza Santa Croce, surgit un des héros littéraire de la ville : un étonnant et démonstratif Pinocchio. Auréolé de sueur, il s’offre une dernière pirouette pour le plus grand bonheur des spectateurs.

TAILLEBOURG, France, été 2009.

Extrait de LOVE, ETC.


Un jour de mariage à Taillebourg. Après la traditionnelle photo de groupe, je saisis le sourire des couples invités, des familles réunies, des enfants enjoués et des adolescents timides. Avant de prendre congé des jeunes mariés, je leur explique que je repasserai dans quelques heures pour leur livrer les épreuves. Juste avant de monter dans ma voiture, je m’offre avec eux un dernier sourire grâce à ces adolescentes passionnées et enthousiasmées par la soirée qui, à leur grande joie, ne fait que commencer.

MARENNES, France, été 2009.

Extrait de LOVE, ETC.


Au printemps 2009, j’ai travaillé avec les classes de Troisième du collège de Marennes, situé sur la Côte Charentaise face à l’île d’Oléron. J’ai moi-même été élève de cet établissement au début des années 1990. Apprenant mon aventure Américaine auprès de Barack Obama et de ses partisans, une de mes anciennes professeur d’anglais a proposé à ses collègues que j’intervienne auprès des adolescents. J’ai alors rencontré une équipe d’enseignants et de personnel dynamique organisant un bal de promotion pour la fin d’année. Pensé sur le modèle des soirées d’Outre Atlantique popularisées en France par les films ou les fictions télévisées, il devait se tenir la veille de la célébration de l’Indépendance des USA. Connaissant les lieux, le personnel et les jeunes, j’avais une occasion unique de réaliser un très beau reportage sur un univers très peu photographié : la vie des collèges. Je bénéficiais surtout de la confiance des adultes et des parents, simplifiant alors les démarches juridiques nécessaires pour photographier des mineurs. La série « Prom’ Night 2009 » révèlera alors toute la fraîcheur et l’enthousiasme adolescent.

PARIS, France, automne 2007.

Extrait de LOVE, ETC.


Cette soirée là, la nuit est froide mais chaleureuse dans ce quartier populaire, étudiant - bref pas cher !- de Paris. Dans les vapeurs de rhum, les blagues fusent sur les pavés de cette longue ruelle sensée nous guider mes potes et moi-même, sous terre, vers le métro. Puis, comme dans un film dont l’héroïne aurait les traits dessinés pour Amélie Poulain, ce couple casqué et prêt à une dernière virée avant d’aller se coucher, croise notre chemin. Toute la spontanéité et la fraîcheur du moment se révélant alors dans la jambe en mouvement de cette jeune femme amoureuse.

NASHVILLE, Tennessee, 6 octobre 2008.

Extrait de CITIZEN BEN


Quartier général des partisans de Barack Obama, préparant la tenue dans leur ville du second débat entre leur candidat et le candidat Républicain.


Pendant des après-midi entiers, ce sont des centaines de ballons aux couleurs de l'Amérique que plusieurs de ces femmes vont gonfler pour accueillir Barack Obama dans leur ville. Leur entraide est remarquable. Leurs visages et leurs regards trahissent la rigueur de leur existence et l’espoir, parfois naïf, qu’elles placent dans le candidat. Elles ont du mal à comprendre que l’on puisse passer autant de temps à leur parler et à les photographier : cela finira par les amuser.

WASHINGTON DC, 29 septembre 2008.

Extrait de CITIZEN BEN


Adam, étudiant et président du College Democrats de Georgetown University. Adam milite depuis des mois pour la cause de Barack Obama. Il s’assure, tard après ses cours, que les camarades de sa cité universitaire, venus de tout le pays, soient bien inscrits sur les listes électorales de leur état d’origine ou de leur lieu de résidence estudiantine.

CHICAGO, Illinois, 4 novembre 2008.

Extrait de CITIZEN BEN


Barack Obama vient d’être élu. Les rues de Chicago ne fêtent pas la victoire à la mode et sur le ton des sportifs sortis victorieux du stade. Ce n’est pas une victoire d’un camp contre l’autre : pas de triomphalisme dans les voix et les regards. Un parfum puissant d’union, de fierté et de fraternité flotte dans les airs. L'émotion déborde des larges trottoirs de Michigan Avenue.

KISSIMMEE, Florida, 29 octobre 2008.

Rally for change with President Bill Clinton and Senator Barack Obama.

Extrait de CITIZEN BEN


Barack Obama saluant une dernière fois la foule venue l’accueillir pour la seconde fois de la soirée en Floride, près d’Orlando. Le candidat a réussi quelques heures auparavant une campagne de communication politique historique en réservant un espace de 30 minutes sur les 5 plus grandes chaînes nationales de télévision, sans une seule interruption publicitaire. A quelques jours du scrutin, Barack Obama déplace encore plus les foules. Les accès au site sont coupés plusieurs heures auparavant et patrouillés par de bruyants hélicoptères. Beaucoup d’admirateurs du candidat Démocrate doivent rester bien au delà des premiers portiques de sécurité.

Extrait de CITIZEN BEN


Convention Nationale Démocrate. Au terme d'une semaine estivale de débats et de votes, les délégués Démocrates désignent le candidat du Parti à l'Election Présidentielle.


Pendant les rassemblements publics -où tout se passe bien- les forces de l’ordre sont très affables et surtout très disponibles pour les photographies. C’est l’occasion de rencontres amusantes. Cette jeune femme en profite pour signifier sur sa poitrine et sa fesse droite ses opinions pacifistes pendant que sa bouche vient souligner toute la malice de ses positions.

Il s’agit d’une stratégie de communication évidente de la part d’une police vers laquelle les regards du monde entier sont tournés. Cette attitude est néanmoins très appréciée par beaucoup de photographes Français, plus accoutumés aux insultes ou aux intimidations régulières dans leurs pays.

Denver, USA, été 2008.

Extrait de DENVER DNC 08


Enfin une bonne raison de se réconcilier avec la Police !

Yes we Can !!

WOODBRIDGE, Virginia, 18 octobre 2008.

Rally for John Mc Cain and Sarah Palin.

Extrait de CITIZEN BEN


John Mc Cain est, comme Barack Obama, rompu à l'exercice des bains de foule. Il sait lui aussi saluer avec générosité ses partisans. Cet exercice imposé de rencontres avec le peuple pour tous les candidats au Suffrage Universel et aux responsabilités politiques, déchaîne une tempête que seuls les agents de sécurité du Secret Service viennent calmer.

NASHVILLE, Tennessee, 7 octobre 2008.

Extrait de CITIZEN BEN


Campus de l'Université de Belmont où est organisé le second débat entre John Mc Cain et Barack Obama.


Cette famille partisane de John Mc Cain apparaît comme l'Idéal Type de l'électorat du candidat. Une famille nucléaire unie, blanche, un garçon comme aîné ; les années qui passent et la bonne chair qui s'accumule. Rien ne manque à ce tableau : ni le trop plein de badges sur le poitrail des enfants, ni ce sourire caractéristique des gens honnêtes qui ne seraient pas si influençables si on leur avait offert le temps et la chance d'avoir accès à la nuance.


Défendant souvent, voir quasi exclusivement, leur vote en faveur des Républicains en affirmant qu'ils se retrouvent si bien en eux, la pluie abondante qui tombe ce matin sur le Tennessee relève du coup de pouce Divin permettant cet intéressant et esthétique jeu de miroir.

DENVER, Colorado, 28 août 2008.

Extrait de CITIZEN BEN


Convention Nationale Démocrate. Au terme d'une semaine estivale de débats et de votes, les délégués Démocrates désignent le candidat du Parti à l'Election Présidentielle.


Remportant les Primaires au mois de juin 2008 face à Hillary Clinton, Barack Obama s’est fait officiellement investir par le Parti à la fin de la Convention. Il est de tradition alors de faire un discours d’acceptation de cette investiture.

Le Sénateur l’a voulu public et accessible au plus grand nombre. La dernière fois qu’un candidat a accepté l’investiture du Parti en dehors du lieu de la Convention, c’était en 1960, et le tribun s’appelait John Fitzgerald Kennedy. Ces grands rassemblements populaires font écho à ceux des années 1960 tels ceux du Pasteur King. Dès la nuit tombée, c’est un spectacle ahurissant qui s’offre à tous.

ROANOKE, Virginia, 17 octobre 2008.

Rally for change with Senator Barack Obama.


Extrait de CITIZEN BEN


Après sa communion verbale avec le public, Barack Obama descend signer un pacte démocratique avec lui dans ce gracieux ballet tactile. Cette rencontre silencieuse scelle la promesse d'une histoire commune qui s'engage.

VIRGINIA BEACH, Virginia, 13 octobre 2008.

Rally for John Mc Cain and Sarah Palin.


Extrait de CITIZEN BEN


Ce matin en Virginie, une salle gigantesque a accueilli près de 15 000 personnes  venues écouter Sarah Palin et John Mc Cain.

Alors que les allées ne sont plus arpentées que par quelques agents de sécurité, ces deux femmes restent plusieurs minutes assises et passives dans les gradins. Elles font durer les paroles rassurantes qui viennent de raisonner entre les murs. Comme insensibles au mouvement qui dehors touche la société, elles semblent vouloir ralentir la marche d'une Amérique qui ne veut plus les attendre.

VIRGINIA BEACH, Virginia, 30 octobre 2008.

Rally for change with Barack Obama


Extrait de CITIZEN BEN


La bataille pour l’état de Virginie, qui n’a plus voté Démocrate depuis la victoire de John Kennedy en 1960, est vive. Nombreux y sont les rassemblements et les actions militantes. L’occasion de photographier tant John Mc Cain que Barack Obama dans cette station balnéaire branchée se représente alors régulièrement à la fin de la campagne. Le cri de ce jeune garçon blond aux yeux bleus contribue largement à dynamiser la patiente attente de la foule : la génération Obama se dresse.

CHICAGO, Illinois, 4 novembre 2008 – election night-.

Extrait de CITIZEN BEN


Le Tsunami interminable des vivats et des larmes de joie à l'annonce des résultats vient de passer. Sans les moyens de se payer une place à 1000 dollars sur les nombreuses plates-formes construites pour la presse, il s’agit de jouer d’audace pour se trouver le bon angle de prise de vue. L’ « emprunt » d’une chaise, miraculeusement et momentanément abandonnée, suffira à construire un promontoire suffisant pour prendre des photographies. L'apparition de la famille présidentielle demeure un moment très fort même pas entamé par la présence d'un homme accroché à un poteau et qui se place au dernier moment dans cet improbable champ de vision. Comment lui en vouloir de jouer les audacieux ?

CHICAGO, Illinois, 4 novembre 2008 – election night-.

Extrait de CITIZEN BEN


Dans Grant Park, les gens s'embrassent et se cajolent. Certains sont incapables de se remettre de la vitesse à laquelle une page de l'histoire contemporaine vient de s'écrire devant leurs yeux. Cette étreinte interminable semble dire : “enfin”. Ces jeunes gens restent sans voix, leur capacité à s’exprimer avec des mots semblant comme évanouie dans la nuit constellée de leurs espoirs.

WASHINGTON DC, 26 septembre 2008.

Extrait de CITIZEN BEN


Retransmission à la prestigieuse Université de Georgetown du premier débat opposant le candidat Républicain John Mc Cain au candidat Barack Obama. Diffusé sur les 5 grandes chaînes nationales du pays, ce débat a captivé plus de 63 millions de téléspectateurs. Ce jeune homme semble comme en communication avec le sénateur Obama. Pourtant, le programme télévisé à peine achevé, la partie de billard rythmera à nouveau cette paisible soirée étudiante. Dans quelques jours le débat entre les deux candidats à la vice-présidence, Sarah Palin et Joe Biden réunira 70 millions de spectateurs.

VIRGINIA BEACH, Virginia, 13 octobre 2008.

Rally for John Mc Cain and Sarah Palin.

Extrait de CITIZEN BEN


Ce n'est pas la foi aveugle dans le destin du candidat Démocrate qui devait faire de cette image le symbole définitif du sort que devra connaître le candidat Mc Cain. Il ne croyait pas lui même en ce qu'il disait, semblant accablé par les raccourcis qu'il devait user pour enthousiasmer les foules. Jamais au cours des trois mois, un seul signe sur le terrain ou dans la rue ne laissait planer le doute. Le soir de l'élection, c'est d'ailleurs un raz de marée : les résultats sont proclamés dès 22H et John Mc Cain, que l'on sent presque rassuré et satisfait, accepte très vite sa défaite et rend hommage au Président Elu.

Les sondages serrés ? Les analyses érudites sur une Amérique qui ne se risquerait pas à voter Obama au dernier moment ? Diversions habiles pour mieux continuer à “vendre du papier”.

CHICAGO, Illinois, 7 novembre 2008.

Extrait de CITIZEN BEN


La première conférence de presse du Président élu Barack Obama. Dans ce salon du Hilton, sur l’interminable Michigan Avenue, il est accompagné des membres de sa future équipe. La presse nationale et la presse internationale s’entassent face à eux, alors que je me glisse sous les oreilles de la sécurité.

PARIS, France, hiver 2009.

Extrait de PARIS URBAN RIOTS


En janvier 2009, les syndicats exceptionnellement unis contre la politique menée par le Premier Ministre, François Fillon et impulsée par le Président Sarkozy, défilent dans le froid Parisien. Je suis stupéfait de la quantité de haine qui s’exprime à l’endroit du chef de l’Etat. La foule hurlante annonce une dispersion difficile de la manifestation.

La nuit n’est pas encore tombée que les tags rageurs fleurissent sur les murs. Une seule étincelle transforme le quartier de l’Opéra Garnier en champs de bataille. Trois heures d’émeutes offrent à voir un spectacle dramatique. Malgré mes incessants mouvements, je ne rencontre que violence.

MARENNES, France, été 2009.

Extrait de LOVE, ETC.


Au printemps 2009, j’ai travaillé avec les classes de Troisième du collège de Marennes, situé sur la Côte Charentaise face à l’île d’Oléron. J’ai moi-même été élève de cet établissement au début des années 1990. Apprenant mon aventure Américaine auprès de Barack Obama et de ses partisans, une de mes anciennes professeur d’anglais a proposé à ses collègues que j’intervienne auprès des adolescents. J’ai alors rencontré une équipe d’enseignants et de personnel dynamique organisant un bal de promotion pour la fin d’année. Pensé sur le modèle des soirées d’Outre Atlantique popularisées en France par les films ou les fictions télévisées, il devait se tenir la veille de la célébration de l’Indépendance des USA. Connaissant les lieux, le personnel et les jeunes, j’avais une occasion unique de réaliser un très beau reportage sur un univers très peu photographié : la vie des collèges. Je bénéficiais surtout de la confiance des adultes et des parents, simplifiant alors les démarches juridiques nécessaires pour photographier des mineurs. La série « Prom’ Night 2009 » révèlera alors toute la fraîcheur et l’enthousiasme adolescent.

LA ROCHELLE, France, été 2008.

Extrait de FRANCO 08


Le public des Francofolies de La Rochelle est un public patient, docile pourrait-on même dire. Il attend poliment, sagement et parfois des heures, que s’ouvrent lentement les portes situées aux pieds des deux tours de la ville. Puis, sur le parking Saint Jean d’Acre, c’est sous un soleil d’été que la foule attend ses héros et tient jusqu’au bout de la nuit. Tout est alors bon pour distraire la longue et parfois pénible attente.

LA ROCHELLE, France, été 2009.

Extrait de FRANCO 09


La nuit est belle et douce les soirs d’été dans les rues de La Rochelle. Cette ville est un vrai bonheur pour l’arpenteur des nuits urbaines que je suis. Je traverse seul ce quartier étudiant dont l’ivresse fait partie du décor. Je me mêle discrètement à la foule des anonymes, croise quelques connaissances, respire les odeurs des alcools dilués ou de parfums bons marchés. Puis, l’évidence sous mes yeux : ces lignes, ce point de fuite, la foule, cette lumière diffuse, les deux amants (?) et leur complicité qui contraste avec la solitude torturée du jeune homme avachi : CLAC ! Personne n’a rien vu, rien entendu. Je n’ai plus qu’à m’éclipser, d’ailleurs le soleil va se lever.

LA ROCHELLE, France, été 2009.

Extrait de FRANCO 09


Pendant le Festival des Francofolies de La Rochelle, chacun sa place et sa fonction : sécurité, public, artistes, bénévoles : le succès de la semaine de concerts tient à toute cette impeccable mécanique. Les photographes par leur nomadisme font un peu le lien entre tous ces univers qui s’ignorent, se croisent, se frôlent, se snobent parfois. Je décide de m’attarder sur ces acteurs anonymes mais essentiels au succès de ce grand festival.

LA ROCHELLE, France, été 2009.

Extrait de FRANCO 08


Pendant un festival de musique, il s’offre plusieurs options aux photographes. Faire des photo de la scène et des concerts puis, se précipiter les envoyer à une agence, un journal ou les commenter bruyamment ou discrètement avec les collègues. Bref : enchaîner les concerts et les connexions internet. Il est possible aussi de profiter des largesses du buffet ou des bars. Bref : boire, bavarder. On peut aussi se mêler à la foule des spectateurs, acteurs indispensables de l’ambiance des festivals. 

LA ROCHELLE, France, été 2009.

Extrait de FRANCO 09


Photographe sur les Francofolies, plus grand festival de musique francophone et française du monde ? Pas simple ! Espaces de prises de vue restreints et contrôlés, accès réglementés, temps impartis aux photographies des concerts (très) limité, plein de photographes pour la même image. Bref, il s’agit de tenter d’appréhender le Festival « autrement ». Je profite de la moindre occasion en prenant le parti de montrer ce qui se passe entre, avant, pendant, autour ou après les concerts.

LA ROCHELLE, France, été 2009.

Extrait de FRANCO 09


L’accès des professionnels au Festival des Francofolies de La Rochelle est très réglementé. Un seul passage, très sécurisé, existe au pied de la Tour de la Lanterne, un des édifice gardant le Vieux Port de la ville. Se pressent, chanteurs, journalistes, VIP, techniciens. S’entassent, badauds, curieux, touristes, fans ou privilégiés attendant leur précieux sésames pour l’espace réservés aux invités. Semblant s’être « écrasée trente mètres plus bas », j’observe cette fébrile jeune fille aux pieds d’un Renan Luce inaccessible.

LA ROCHELLE, France, été 2008.

Extrait de FRANCO 08


L’enthousiasme délirant du public des Francofolies de La Rochelle est à la hauteur de la démesure de ce grand festival attirant chaque année plus de 80 000 spectateurs en une semaine.

LA ROCHELLE, France, été 2008.

Extrait de FRANCO 08


Cette saison 2008 des Francofolies de La Rochelle se termine par un concert à la scénographie hallucinante et brillante du chanteur Américano-libanais Mika. Déjà séduit par le charme tranquille du jeune homme pendant sa conférence de presse de l’après-midi, j’ouvre largement mes yeux comme tous mes collègues pour cet impressionnant final. Nous n’avions l’autorisation de photographier que les trois premiers morceaux, pourtant nos amis de la sécurité, eux aussi absorbés et impressionnés, ne me voient pas sortir mon boîtier et photographier dans leurs dos.

LA ROCHELLE, France, été 2009.

Extrait de FRANCO 09


Le calendrier des Francofolies correspond à la Fête Nationale. Le Festival s’offre alors pendant  un court instant la magie d’un spectacle enflammant la foule de Saint Jean d’Acre.

Les VIP et les journalistes se précipitent alors sur le quai du chenal menant au port pour admirer le spectacle. Pour ma part, je rejoins l’estrade où se tient une partie du public pour bénéficier de cette voie lactée pyrotechnique.

NANTES, France, hiver 2009.

Extrait de CELLULE X


Je suis le photographe du groupe Poitevin Cellule X. Cette intimité permet de photographier les à-côtés des concerts : les loges, le public, les balances. Néanmoins, pour répondre aux attentes du groupe, il s’agit, aussi, de se concentrer sur le show ! Chaque salle de spectacle est différente, chaque condition de concert originale. Ce soir là, au prix d’interminables et périlleuses ascensions, je donne toute la mesure de l’ampleur des concerts des Cellules !

LA ROCHELLE, France, été 2008.

Extrait de FRANCO 08


Le public des concerts concentre toujours mon grand intérêt. J’adore sa patience, son enthousiasme, sa rêverie, sa solitude aussi. Depuis la tribune réservée à quelques privilégiés, je surprends ce doux et amusant rendez-vous avec la lune…

LA ROCHELLE, France, été 2008.

Extrait de FRANCO 08


Le groupe Matmatah est un des groupe phare de la scène française des années 2000. Enchaînant les tubes, sa musique inonde encore aujourd’hui les ondes des radios commerciales. Pour son concert d’adieu, Matmatah se produit aux Francofolies de La Rochelle devant des milliers de jeunes fanatiques.

Après les trois morceaux pendant lesquels les photographes sont autorisés à travailler, je pars en balade parmi la foule pour saisir les à-cotés du spectacle. Je me hisse à bout de bras auprès de l’ingénieur son du groupe et profite du concert depuis la régie. Le jeune homme à plumes cherche son ami Pierrot au clair de la lune !

LA ROCHELLE, France, été 2009.

Extrait de LOVE, ETC.


L’été, les quais du Vieux Port de La Rochelle sont le théâtre quotidien de scènes exquises à qui sait supporter la foule ou possède la patience d’attendre les heures les plus avancées de la nuit. Je vois venir ces deux amants titubants qui s’affalent à mes pieds. Seuls au monde, la jeune femme déclame sans retenue ses envies. Lui, à peine plus raisonnable, doit finir par lui rappeler qu’ils sont en public. Je disparais alors discrètement avec un large sourire.

LA ROCHELLE, France, été 2009.

Extrait de FRANCO 09


Francofolies : folles nuits !


Gueule de bois pour la génération écologie ?